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A l’occasion d’un passage à Bordeaux, je ne pouvais pas manquer d’aller jeter un petit coup d’oeil au tiers-lieu référence du moment: Darwin. Imaginez une rive très industrielle, des friches, à proximité immédiate d’un centre ville cossu. Autrefois, personne n’aurait voulu s’y installer, désormais, c’est « the place to be » pour tout startuper qui se respecte.

Comment ce miracle économique se met-il en place ? Pourquoi cela séduit les millenials ? Ce modèle de tiers-lieu « bio/bobo/solidaire/local », est-ce réplicable ailleurs ?

Nous y sommes allés pour déjeuner et pour voir, et effectivement, c’était bel et bien vibrant !

1- Un lieu convivial dans lequel on peut manger et boire local et bio.

Impossible de manquer le magazin général, l’épicerie bio (et plutôt chère) et le restaurant/bar/café de ce site. Nous y avons mangé, on a pu tester la bière bio et locale, la « Darwinbeer », le friz cola local et militant, une formule végétarienne et bio (évidemment), et le fameux « Darwin » Burger 🙂 que nous avons pu payer avec la monnaie locale.

La café est torrefié sur place, et le vin de Bordeaux coule à flot au milieu d’une belle sélection d’objets vintage (flipper, moto, scooter, lampes…)

 

2- Le skateboard « roi »

Très impressionné par les infrastructures en bois pour le skatepark d’intérieur (les pipes sont impressionnants) et le bol d’extérieur en béton pour les skates et les trotinettes, qui se mèlent joyeusement avec des bancs et des tables de récupérations, et un sauna solaire (dans tous les sens du terme!).

La mobilité douce est au coeur de l’espace, aucune voiture ne circule, et c’est très rassurant pour visiter le site à vélo et/ou avec des enfants. Notamment par les temps qui courent.

3- Le sport, ingrédient de la qualité de vie sur site.

On peut faire du skate (on a compris), mais on peut également y faire du sport, du baby-foot, du basket, du yoga, de la zumba, du piano, de la gym, de la méditation… avant de pouvoir se détendre dans des endroits de convivialité vintage.

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4- Le Street-Art est partout

Difficile de trouver un mur non taggué, et finalement, cela donne un tout plutôt cohérent et disons-le très réussi. Cela m’a rappelé certains quartiers et squats de Berlin dans les années 90 (Prenzlauerberg, Kreuzberg, Mitte) juste après la chute du mur. Quartiers devenus aujourd’hui incontournables économiquement.

 

5- Des pros du marketing et de la com, critère clé de succès

Tout dans la décoration, dans la signalétique, dans la sélection des objets vintage a été soigneusement choisi. Rien dans le style n’est laissé au hasard. Même la vieille goutière est devenu un support publicitaire pour les autocollants des start-ups !

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Ici règne l’esprit « bobo-hipster-steampunk-à chiens » et tout est fait pour attirer les « startupers millenials » dans le coup, sensibles à la cause environnementale et recyclage. Assez bizarrement il n’y a pas de fablab, sur le site, mais l’esprit DIY y est néanmoins invoqué, et les déchets à recycler et revaloriser sont visibles.

6- Une conciergerie « prestataire de services »

Les business-centers n’ont plus qu’à bien se tenir, que ce soit à l’accueil où le catalogue de services est très clair, ou dans les espaces de co-working sécurisé à l’étage, il y a tout ce qui faut pour développer sa startup, surtout si elle a du sens.

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On croise notamment des agences de com, des startups d’e-santé, des prestataires d’externalisation RH, helloasso (que nous connaissons bien!), la plateforme de paiement des associations, du mobilier design, des salles de réunion flexibles et modulables, (quand l’une s’appelle « Meta », celle d’à coté s’appelle « morphose »!), du mobilier pro familier.

 

7- Une programmation qui a du chien

Une grande salle permet l’organisation de grands concerts. La prochaine accueillera Franz Ferdinand et d’autres groupes célèbres à l’occasion du prochain festival Ocean Climax, du 7 au 10 septembre 2017 pour une éco-mobilisation de rentrée, forte.

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Le lieu devrait vibrer encore un peu plus à cette occasion.

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Alors, finalement, est-ce un modèle ? Peut-on le répliquer ? Quelles sont les recettes qui marchent pour redonner vie à un site qui avait a priori tout contre lui ? Quels enseignements pour les autres espaces qui cherchent à se métamorphoser ?

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Tout semble indiquer que le lieu (la friche industrielle d’une caserne désaffectée immense), le quartier (une rive sous-estimée dans une ville coupée en deux par la Garonne, avec peu de ponts), et surtout les personnes qui ont créé cette communauté sont uniques. Pourtant, des projets de répliquer Darwin ailleurs, (notamment à Lyon), sont dans les cartons. Il y a assurément des bonnes idées derrière tout cela.

Après tout, il y a sans doute d’autres friches industrielles à métamorphoser, non ?

 

 

 

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Aujourd’hui, nous étions au Royaume du Web, à Genève, une grande première sous cette forme interactive et immersive. Pendant deux jours, les Youtubers, les Instagramers, les Booktubeurs (ou plutôt les booktubeuses), se sont retrouvés sur scènes et dans des espaces d’échanges avec leurs fans in real life. Tous les youtubers francophones étaient réunis pour proposer successivement certaines de leurs meilleures vidéos le tout dans un grand espace avec un ensemble de stands partenaires et amis, notamment des clubs de gaming, des startups de développement mobile, des boutiques de jouets japonais, des stands de crèpes au Nutella et de Churros.

J’avoue qu’avant d’y aller, je ne connaissais quasiment aucune de ces nouvelles stars du Web (mis à part la tête d’affiche, déjà vue en spectacle, Norman pour ne pas le citer). C’est pourtant bien ces stars qui ont la force de frappe de l’influence sur de nombreux sujets, et leurs statistiques sont impressionnantes. Cela va-t-il durer ou cèderont ils rapidement la place à d’autres ? Que peut-on apprendre d’eux ? Pourquoi et comment arrivent-ils à capter une telle audience ?

1- Une maîtrise de la rhétorique

4*4 heures de show, sur deux jours, plein de chansons, de sketchs et d’interventions sans fiche. Même si ils sont tous bien préparés, pas de doute là-dessus, les artistes nouvelle génération ont des choses à dire, des histoires à nous raconter, la tchatche et l’art de la rhétorique (même sans post production !) de la répartie et du clash. Le succès est là, les fans sont au rendez-vous et en redemandent.

2- Les stars de l’image

Solicités pour des photos, des selfies, des vidéos très fréquemment, ils sont nés avec un smartphone et ne connaissent pas la peur du direct, ni l’angoisse de parler en public. Super à l’aise avec les montages vidéos et toute sorte d’effets évidemment. Les marques (Coca-Cola, CERN, UBS…) l’ont bien compris, et rivalisent d’ingéniosité pour surfer sur cette vague d’optimisme, de bon clash, et sur ces audiences qui font rêver.

3- Le ton de leur génération

Souvent moqueur, toujours clasheur, parfois décalé (surtout dans le choix de leur pseudo:-) et dans les mots de leur génération, avec beaucoup d’autodérision et d’humilité (pour la plupart), beaucoup de talent aussi (notamment avec la guitare ou la batterie), et assez souvent critique des générations de leurs parents (des politiques, des joueurs de foot, des pubs ringardes ou des jingles ratés). Sympa aussi de les voir capables de travailler ensemble, suisses, français, belges, dans leur intérêt commun, à noter aussi que garçons et filles, s’entendent à merveille dans cette nouvelle génération. Ils traitent certes thèmes différents, mais souvent avec le même ton de la dérision.

4- Créateurs de tendances

Parce qu’ils influencent leur audience et qu’un nombre incroyable de personnes les regardent, les écoutent et les suivent, ils peuvent faire la pluie et le beau temps sur un produit, une marque ou une entreprise, par le simple fait de partager ce qu’ils aiment ou ce qu’ils trouvent pourri. Ils font aussi le succès des réseaux sociaux qu’ils utilisent (Instagram, YouTube, Snapchat, souvent plus que Twitter et Facebook, et clairement loin de LinkedIn ou Viadeo).

5- La qualité à long terme et la prime à la cohérence du positionnement.

Finalement, celles et ceux qui durent et réussissent, produisent du contenu de qualité souvent pertinent, ciblé pour leur audience, régulièrement et depuis longtemps, ils ont trouvé leurs créneaux, parlent à une audience qui se retrouvent en eux, et partagent leurs opinions, leurs problèmes et leurs vies, ils ont trouvé leur positionnement (les fausses-chutes ala Jack Ass, les revues littéraires, les conseils beauté, les tests de geek ou de  gamers, ou la revue des annonces du « bon coin » les plus hilarantes), ils sont très à l’écoute de leur audience, et les solicitent constamment pour dialoguer et savoir ce qu’ils pensent.

Qu’en pensez-vous ? Qui va durer ? Qui sera autour de Norman, McFly et Carlito pour la Royaume du Web 2 ?