Créer son poste ou sa boîte : Comment choisir ?

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Deux façons d’entreprendre sa carrière

Créer son poste et créer sa boîte partagent une même logique : ne pas attendre qu’un cadre existe déjà, mais construire soi-même sa place. Dans les deux cas, il faut identifier une valeur à apporter, convaincre des interlocuteurs, structurer une offre et apprendre à évoluer dans l’incertitude. La différence principale tient au fait que l’un se fait dans une organisation existante, tandis que l’autre se fait hors de l’organisation, avec une responsabilité complète sur l’activité.

Ce qu’ils ont en commun

Les deux démarches demandent une forte capacité d’initiative. Il faut savoir observer un besoin, le formuler clairement et transformer une idée en proposition concrète.

Elles exigent aussi de la persuasion, car il faut convaincre soit une hiérarchie, soit des clients, partenaires ou financeurs.

Enfin, elles impliquent un apprentissage continu, parce qu’on avance souvent en terrain partiellement nouveau.

Sur le plan mental, les deux expériences développent la même base : autonomie, sens des priorités, adaptation et capacité à tester puis ajuster. Dans les deux cas, on ne “subit” pas son rôle, on le construit progressivement.

Cela demande aussi de la lucidité sur ses forces, ses limites et les compétences à acquérir.

Créer son poste

Créer son poste consiste à redéfinir sa fonction à l’intérieur d’une structure existante. On repère un besoin non couvert, on propose un périmètre utile, puis on obtient une légitimité interne pour l’occuper. L’apprentissage est alors très lié à la compréhension de l’organisation, de ses codes, de ses priorités et de ses modes de décision.

Les compétences les plus utiles sont souvent relationnelles et stratégiques : cartographier les besoins, parler le langage de l’entreprise, négocier sa place et démontrer rapidement la valeur créée.

Il faut aussi savoir travailler dans la contrainte, car on garde un cadre collectif, des process, un budget ou des objectifs déjà définis.

L’apprentissage porte donc beaucoup sur l’influence, la coopération et la création de valeur sans disposer d’une indépendance totale.

Créer sa boîte

Créer sa boîte consiste à lancer une activité autonome ou une entreprise.

Ici, il faut non seulement définir l’offre, mais aussi organiser la vente, la gestion, la relation client, le cadre juridique et souvent la comptabilité.

L’apprentissage est plus large, car il touche à la fois la stratégie, l’opérationnel et la gestion du risque.

Les compétences clés sont plus nombreuses et plus transversales : construire une offre, analyser un marché, fixer un positionnement, piloter un budget, gérer le temps, s’adapter aux imprévus et développer son réseau.

On apprend aussi à porter seul ou presque la responsabilité des résultats, ce qui oblige à développer une forte discipline personnelle.

Différences de compétences

DimensionCréer son posteCréer sa boîte
CadreInterne à une organisation Externe, activité autonome 
Compétence centraleInfluence et légitimation interne Développement d’offre et gestion globale 
Apprentissage principalLire l’organisation, convaincre, s’insérerConstruire, vendre, piloter, sécuriser
Rapport au risquePlus limité, partagé avec l’entreprisePlus élevé, porté directement par le porteur de projet 
Polyvalence requiseCiblée mais stratégiqueTrès large, du commercial au administratif 

La différence la plus nette est donc la largeur du socle de compétences. Créer son poste demande moins de métiers “à côté”, mais plus d’intelligence politique et organisationnelle. Créer sa boîte demande au contraire d’endosser plusieurs casquettes à la fois.

Différences d’apprentissage

L’apprentissage de “créer son poste” est souvent plus progressif et intégré au quotidien.

On apprend en expérimentant à petite échelle, en ajustant sa mission, puis en prouvant que le poste mérite d’exister.

L’enjeu est de gagner en crédibilité dans un système déjà vivant.

L’apprentissage de “créer sa boîte” est plus frontal et plus intensif.

Il faut souvent apprendre vite sur des sujets très différents, parfois sans filet : business model, prospection, gestion, réglementation, organisation et suivi de performance.

On ne cherche pas seulement à être légitime, on cherche à faire tenir toute l’activité dans la durée.

Choisir selon son profil

Créer son poste convient souvent mieux à quelqu’un qui aime innover, mais qui veut garder un cadre, une équipe et une structure. C’est une voie intéressante pour tester une nouvelle valeur ajoutée sans quitter complètement la sécurité d’un environnement existant.

Créer sa boîte convient davantage à ceux qui veulent une autonomie maximale et qui acceptent d’apprendre sur un champ beaucoup plus vaste.

En pratique, les deux chemins ne s’opposent pas totalement.

Créer son poste peut être une excellente école avant de créer sa boîte, car cela entraîne déjà à détecter un besoin, convaincre et construire une proposition de valeur.

À l’inverse, créer sa boîte peut développer une maturité stratégique qui aide ensuite à “dessiner” un rôle très fort dans une organisation.

Synthèse

La meilleure formule pour résumer la différence est simple : créer son poste, c’est inventer une place utile dans un cadre existant ; créer sa boîte, c’est inventer le cadre lui-même.

Les deux demandent de l’audace, de l’apprentissage et une vraie capacité à transformer une idée en résultat.

Et vous, qu’est-ce qui vous correspond le mieux ?

Cercle de Médiation : L’Art de Se Connecter

La nouvelle ère du réseautage : au-delà des cartes de visite


Si l’art de la réussite consiste à s’entourer des meilleur.e.s, alors le réseautage ne se limite plus à une simple accumulation de contacts. L’art de se connecter évolue. Aujourd’hui, on ne cherche plus seulement un réseau, mais une communauté. Une tribu. Et au cœur de cette transformation se trouvent les concepts de cercles de médiation, de communautés d’usage, d’intérêt et de valeur.

Ces notions ne sont pas de simples mots à la mode. Elles représentent un changement profond dans la manière dont nous bâtissons nos relations professionnelles et personnelles.

Qu’est-ce qu’un cercle de médiation ?

C’est un espace, physique ou virtuel, où les interactions ne sont pas directes. Elles passent par une tierce personne ou un sujet commun. La plateforme d’innovation ouverte de Syntezia Sàrl en est un excellent exemple avec ses 9 cercles de médiation. C’est l’activité partagée qui crée le lien, qui permet aux participants de se découvrir, de se connecter et de s’entraider naturellement, sans la pression d’un « réseautage » classique où chacun.e se présente avec un pitch.

Ces cercles sont d’une puissance incroyable pour des entrepreneurs ou des créateurs. C’est l’endroit parfait pour des collaborations inattendues, parce que les échanges se font de manière authentique, sans masque. On ne se présente pas comme « directeur de » ou « fondatrice de », mais simplement comme un être humain qui partage une passion.

Au-delà de l’usage : créer du lien et des valeurs

Le réseautage tel qu’on le connaît se concentre souvent sur l’usage. Je me connecte à cette personne parce que j’ai besoin de son expertise, ou parce qu’elle peut m’ouvrir une porte. C’est transactionnel. Utile, certes, mais limité.

Mais la véritable magie opère quand on passe aux communautés d’intérêt et de valeur.

  • Une communauté d’intérêt est construite autour d’un sujet commun. La communauté AgileNetup et ses groupes technologiques en sont une parfaite illustration. C’est un groupe d’individus qui partagent un même intérêt, le désir de s’entraider et d’évoluer ensemble.
  • Et au sommet se trouve la communauté de valeur. Là, ce n’est plus seulement l’intérêt qui nous unit, mais un ensemble de valeurs et de principes fondamentaux. C’est le sens que l’on donne à nos activités professionnelles. Dans un monde qui bouge vite, ces communautés de valeur offrent un ancrage, une raison d’être qui dépasse les succès individuels, comme c’est le cas pour la communauté des sustainable shapers de Hack Your Style qui promeut la mode et le luxe durable.

Êtes-vous prêt.e à passer du réseautage transactionnel à la connexion authentique ?

Et vous, qu’avez vous détruit cette année ?

Exnovation : La face cachée de l’innovation

On parle souvent d’innovation : de nouvelles technologies, de produits révolutionnaires, d’idées qui changent le monde. Mais pour qu’une nouveauté émerge, il faut souvent qu’autre chose disparaisse. C’est ce qu’on appelle l’exnovation, un terme encore peu connu mais essentiel pour comprendre les dynamiques de notre société.


Qu’est-ce que l’exnovation ?

L’exnovation est le processus délibéré ou non de mise à l’écart, de démantèlement ou d’abandon de technologies, de produits, de pratiques ou de systèmes obsolètes. C’est l’inverse de l’innovation. Alors que l’innovation crée, l’exnovation supprime. Elle est souvent une condition nécessaire à l’adoption de nouvelles solutions. Pensez au remplacement des cassettes VHS par les DVD, puis par les plateformes de streaming. Chaque nouvelle technologie a poussé la précédente vers l’obsolescence.


Pourquoi l’exnovation est-elle si importante ?

L’exnovation n’est pas qu’une simple conséquence de l’innovation ; c’est un moteur à part entière.

  • Libérer des ressources : En abandonnant une technologie ou une pratique, une entreprise peut réaffecter des ressources (financières, humaines, matérielles) vers des projets plus prometteurs. C’est ce qui a permis à Nokia, après l’échec de ses téléphones, de se concentrer sur ses infrastructures réseau.
  • Réduire les coûts et l’impact environnemental : Les vieilles technologies peuvent être énergivores et générer des déchets. L’exnovation permet de les remplacer par des solutions plus efficaces et plus durables. Le passage de l’éclairage traditionnel aux LED en est un excellent exemple.
  • Favoriser l’adoption : Un marché n’est pas infini. Pour qu’un nouveau produit perce, il faut souvent que les consommateurs et les entreprises arrêtent d’acheter l’ancienne version. L’exnovation est donc la clé pour ouvrir la voie aux nouveautés.

Les défis de l’exnovation

L’exnovation n’est pas un processus simple. Elle peut se heurter à de fortes résistances :

  • Inertie et résistance au changement : Il est difficile de convaincre les gens d’abandonner une pratique ou un produit qu’ils connaissent et apprécient.
  • Coûts initiaux élevés : Le démantèlement d’anciennes infrastructures et l’investissement dans de nouvelles technologies peuvent être très coûteux à court terme.
  • Impact social : L’abandon d’une technologie peut entraîner la perte d’emplois ou la disparition de savoir-faire spécifiques. C’est un enjeu majeur, notamment dans l’industrie.

L’exnovation dans notre quotidien

Ce concept ne se limite pas aux grandes entreprises. Nous l’appliquons sans nous en rendre compte : quand nous arrêtons d’utiliser un vieux logiciel pour en adopter un nouveau, quand nous recyclons nos anciens téléphones, ou quand une administration dématérialise ses services. L’exnovation est partout, façonnant le monde de demain en libérant les ressources d’hier.

Comprendre l’exnovation, c’est comprendre que le progrès n’est pas seulement une question de création, mais aussi de destruction créative.

C’est une étape nécessaire et complexe pour un avenir plus innovant et plus durable.

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