Collaborer, mythe ou réalité ?

Peut on collaborer sur tout ? Oui, on peut collaborer sur tout, mais pas avec n’importe qui (clin d’oeil évidemment à Coluche, on a les références qu’on peut).

De pair à pair ? Ok, mais pas avec toi !

Tout le monde parle de l’économie collaborative au niveau « macro », c’est certain, cela va être un carton, oui mais personne ne nous a vraiment bien expliqué comment collaborer au niveau « micro ».

A l’heure où l’on voit bien que nous allons devoir collaborer de plus en plus plutôt que d’entrer en compétition systématique, où l’on se rend compte que les modèles économiques qui reposaient sur une asymétrie de l’information, ou un accès privilégié aux ressources naturelles, doivent se réinventer, et où intelligence artificielle, blockchain, automatisme et objets connectés prennent une place grandissante dans notre vie, comment faire pour bien s’entourer ? Avec qui allons-nous être compatible, complémentaire et avec qui allons nous avoir envie et plaisir à collaborer ?

Qui es-tu bel(le) inconnu(e) ? Es-tu compatible et complémentaire avec moi ?

Jusqu’à présent, il était clairement établi que l’on ne choisissait pas les personnes avec qui on travaille, ni son chef, ni ses collègues, ni ses clients. Il faut faire avec. Mais, cela, c’était avant !

Désormais, nous tendons vers une société où nous serons toutes et tous, à la fois plus indépendants, plus résilients, mais vraisemblablement moins fidèles à nos employeurs, car moins fidélisés.

Dès lors, trouver les bons associés, les bons amis, les bons partenaires devient encore plus important.

Comment faire pour trouver les bons et les garder ?

Comment les chercher, comment les trouver, comment se mettre d’accord et comment durer ensemble pour former une belle équipe d’associés.

Vaste question, large débat.

Les modèles d’association et autre pacte d’actionnaire existent depuis bien longtemps, mais ce n’est pas de cela dont il s’agit.

Pour que l’économie soit collaborative, il faut trouver les bonnes personnes avec qui on peut collaborer.

Ce n’est pas uniquement une question de proximité. Ce n’est pas uniquement la fréquentation d’un même lieu qui va tout faire et qui va permettre la collaboration. Les lieux, aussi agréables soient-ils, ont par ailleurs aussi des hauts et des bas, voir ce qui arrive à WeWork. Nous pensions qu’ils allaient manger tout cru tous les espaces sympas de coworking, il y a quelques mois, et les voilà en difficulté.

Alors les réseaux sociaux peut-être? Le monde virtuel créateur de lien. Et bien, non. N’importe qui contacte n’importe qui d’autre pour tout un tas de mauvaise raisons, notamment pour leur vendre ce qu’ils n’ont pas vraiment demandé. Il suffit de payer un peu pour pouvoir envoyer un message direct à quasiment n’importe quelle personne cible dans LinkedIN. Sans présentation, sans intermédiaire, sans briser la glace, sans même devoir prendre un café !!!

C’est sans doute beaucoup plus subtile que cela. Trouver les bonnes personnes (de préférence) avant de s’associer, c’est en fait un travail de longue aleine. C’est de plus en plus complexe et multi-dimensions et c’est précisemment pour cela que cela devient intéressant.

Etre 100% nomade et sans attache alors ? Et bien, non plus. Voir les mésaventures de The Shared Brain, uberisateur uberisé ? pourtant super prometteur à leurs débuts.

Il doit bien y a quelques pistes intéressantes pour ne pas se tromper. Je pense notamment à The Slicing Pie pour proposer une méthode fair et équitable pour s’associer.

Ah oui, en plus de trouver les bonnes personnes, il faut aussi que le modèle collaboratif (contribution & rétribution) soit équitable, sinon, personne n’a envie d’être le dindon de la farce. Ensuite il faut se mettre d’accord sur les rôles, les responsabilités. Après cela ne fonctionne quasiment jamais comme prévu…

Bref, tout cela pour dire que je n’ai pas encore trouvé la solution. En design thinking, j’ai appris que ce n’est pas grave, et que l’essentiel, c’est de passer plus de temps dans la phase d’empathie. Finalement, cette phase d’empathie est plutôt agréable, voire carrément très agréable.

On rencontre des personnes toutes plus intéressantes les unes que les autres. C’est en tout cas ce qui m’arrive en 2019, et c’est super agréable !

Notamment en cette période de rentrée avec notamment notre petit groupe de réflection sur les communautés d’intérêt, et de valeurs, la mise en place de la SBA Suisse, l’organisation du Global Goals Jam à Genève, le déplacement à Thessalonique pour les Open Living Lab Days, l’initiative Isynnov, le Living Lab de Mobilité Douce SnailMobLab, le hackaton, le défilé de mode éthique et responsable, la célébration du bicentenaire de l’ESCP à Genève, et tous nos petits groupes de travail secrets. Bref, un belle liste d’expériences magnifiques et de rencontres inspirantes. Pourvu que cela dure !

Et si le bon modèle, c’était chacun chez soi et on se rencontre quand on en a besoin ?

Tous indépendants ? tous autonomes ? tous interdépendants ? C’est probablement ce vers quoi nous nous dirigeons dans notre merveilleux monde des MeetUps, des start-ups, des scale-ups et des entrepreneurs (« wannabe », « dontwannabe » et « nottoosureyet » entrepreneurs).

Des associations de petits groupes à géométrie variable, le temps d’un projet qui se passe bien. Sans doute pas plus. Nous nous dirigerions donc vraisemblablement vers de nouvelles formes de collaboration. Finies les réunions inutiles et interminables (tant mieux), et découvrons ces milles endroits où nous allons réinventer le monde !

Une mauvaise expérience ? Arrêtons tout de suite et plus jamais cela.

Un ego surdimensionné, un mauvais payeur, un incompétent ? Aujourd’hui cela se sait très vite. Savoir qui éviter, c’est devenu aussi très important.

Evidemment que lorsque l’on croise quelqu’un et que cela se passe mal, on a désormais beaucoup plus de latitude pour ne plus jamais perdre de temps avec cette personne. (évidemment cela ne vaut que si ce n’est pas votre chef ou votre client principal), mais disons à minimum que nous pouvons chercher plus facilement des alternatives.

Une bonne expérience ? Cela donne envie de recommencer et d’aller plus loin dans la collaboration.

Alors que retenir de tout cela ? Faisons quelques hypothèses prospectives.

  • Peut-être que les nouvelles formes de gouvernance, plus horizontales, moins centralisées, plus participatives, plus simples, vont elles-aussi se développer et trouver leurs places. A condition que cela n’empêche pas d’avancer. N’a t-on pas trop entendu l’adage : « Tout seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin. » Peut-être mais cela dépend aussi avec qui ? Aucune envie d’aller plus loin plus longtemps avec des personnes qui ne sont même pas drôles !!! C’est un peu comme choisir avec qui on va passer nos prochaines vacances. Vaut mieux bien s’entendre.
  • Peut-être que les communautés de valeur et d’intérêt vont se faire et se défaire plus rapidement, au fur et à mesure que l’on clarifie les visions que l’on croyait partagées, et que l’on explicite les divergences émergentes.
  • Peut-être aussi que les espaces d’innovation vont se remplir et se vider encore plus rapidement que ce que nous pensions.

Avant, nous travaillons pour un employeur toute sa vie, et on travaillait avec les mêmes collègues toute sa vie. Il fallait faire avec les bons et les moins bons ! Je ne sais pas si c’était la panacée, mais c’était en tout cas relativement stable et prévisible. Nous avions le temps de les évaluer, de es apprivoiser, de créer la relation de confiance et de trouver nos affinités dans le temps long.

Aujourd’hui, et sans doute encore plus demain, nous devons nous préparer à collaborer avec beaucoup plus de personnes différentes dans des temps beaucoup plus courts.

Alors comment choisir, comment filtrer, comment sélectionner ?

Les hard-skills ? CEO/CFO/CTO… ? Mouais. C’est bien mais cela ne suffit pas pour constituer une équipe de rock-stars. Cela implique que nous devons déveloper nos aptitudes de flexibilité et notre capacité à accorder sa confiance et à tolérer l’autre beaucoup plus vite, voire instantanément et a priori.

Là encore, pas certain que nous y soyons toutes et tous bien préparés.

Existe-t-il des canaux, des formations, des livres pour ne pas se tromper, pour faire les bons choix ? Plus important que du recrutement, plus important que de la prospection commerciale. Comment trouver l’oiseau rare, en qui avoir confiance ?

Et toi, quel est ton pipeline d’associés potentiels ?

Si choisir ses associés, c’est au moins aussi important que trouver son prochain client, comment mettre en place une veille active pour faire appel aux bonnes personnes au bon moment ?

Je rêve de trouver celles et ceux qui me font avancer, qui me font aller plus loin, et que je peux aider et soutenir. Et vous, comment vous y arrivez comment ? 🙂

Les objets connectés

Gadgets ou progrès ?

De quoi parle-t-on ? Qui les utilise ? Pour quoi faire ?

Dans le cadre du cycle de conférences publiques sur la transition numérique, pour animer la Stratégie Transition Numérique 2018-2022, du Grand Annecy Agglomération, nous aurons l’occasion d’échanger sur ces sujets de manières interactives, en découvrant de nombreux exemples d’objets connectés, en comprenant pourquoi certains sont des succès commerciaux, et d’autres pas.

Nous aurons également l’occasion de comprendre ensemble les enjeux principaux de cet écosystème émergent.

Pourquoi un tel buzz ? Quelles sont les opportunités à saisir ? Quels sont les points de vigilance à garder à l’esprit ?

Comment faire les bons choix pour son quotidien ? Les objets connectés peuvent-ils nous aider à devenir des consommateurs plus responsables ? Comment ces objets nous aident à modifier nos comportements et à changer nos habitudes ?

Devenir de meilleurs consommateurs ?

Comment savoir si tel ou tel objet a un intérêt ?

Comment éviter les gadgets inutiles ou superflus (voire ridicules) ?

Quels les liens pouvons nous établir entre objets connectés et le « smart building » ou la « smart city » ?

Le Smart Building, concrètement pour mon quotidien, cela veut dire quoi ?

Vous pouvez d’ores et déjà retrouver le « Teaser » de cette soirée qui se déroulera le 21 Mai 2019 dès 20h à Annecy, et découvrir le programme en cliquant sur ce lien.

Le modèle de capitalisme 3.0 de la Nouvelle Europe sera-t-il anglosaxon, rhénan ou complètement réinventé ?

On sent bien que les modèles économiques du passé sont essoufflés, on commence à découvrir que nous avons suivi aveuglement le « capitalisme des zinzins », jusqu’au jour où on se rend compte que la multinationale anglosaxone pour laquelle nous avons donné corps et âme, suit une logique qui n’est pas la nôtre.

Lorsqu’on prend le prisme des pays, on se rend compte que les capitalismes nationaux restent très divers, car leurs institutions restent très différentes.

Il y aurait ainsi, d’un côté, le capitalisme de marché des pays anglo-saxons qui confie aux marchés financiers l’assurance individuelle des risques et, d’un autre côté, les économies sociales de marché, présentes en Europe continentale, où la protection sociale et la régulation publique du marché du travail sont plus importantes.

Alors, puisque plusieurs modèles existent, découvrons-les, et puisqu’il n’est pas interdit d’être acteur de son futur, explorons les pistes d’une troisième voix.

  • Que voudrions-nous que le capitalisme 3.0 soit ?
  • Que faire pour parvenir à nos fins ?
  • Avons nous bien fait d’aller tous nous inspirer au même endroit et de ne reproduire que le modèle anglosaxon, en oubliant que nous ne sommes pas la Silicon Valley, en ramenant des demis-idées, et en essayant de les répliquer sans les adapter à nous, à la « nouvelle Europe » des 27 ?
  • Quelles alternatives au capitalisme financier peuvent être considérées pour le 21ème siècle ?

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1- Prendre notre revanche sur le capitalisme zinzin

Pas besoin d’être un grand économiste pour observer que le capitalisme néo-américain, anglosaxon, va droit dans le mur. Avec l’élection de Trump et les conséquences du Brexit, que nous sommes en train de vivre, nous assistons à un repli sur soi.

On peut imaginer que seuls le Royaume Uni et les Etats-Unis, vont persister dans cette voix du capitalisme anglosaxon, nostalgique d’un temps passé perdu, et vont devenir les seuls à croire que le repliement sur eux-mêmes est la solution à tous les problèmes.

Le fait que cela s’accompagne d’un déni des problèmes de changement climatique, confirme l’hypothèse que ce capitalisme est « zinzin » et ne regarde pas les réalités en face. Puisque les anglosaxons nous tournent le dos, pourquoi leur tendre les bras ???

Tu peux suivre un modèle capitalistique « zinzin » une fois, mais pas 15 !!!

 

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2- Redécouvrir le capitalisme rhénan

On l’avait presque oublié, mais le capitalisme rhénan existe !!! Il a l’avantage de correspondre géographiquement à la nouvelle Europe des 27, celle qui dès mars 2019 ne comprendra plus le Royaume Uni, qui n’aura plus son mot à dire. Ce capitalisme inspire La Suisse, l’Autriche, l’Allemagne, les Pays Scandinaves et va même au delà de l’Europe, avec le Japon. Lorsqu’on voyage dans les pays de l’Europe de l’Est et du Sud, on voit tout le potentiel de cette nouvelle Europe.

Dès 2019, (autant dire demain), nous voterons sans doute pour des candidats de ces pays, autant commencer à aller au contact, aller vers eux, pour comprendre leurs modèles. L’éducation et la culture de ces pays est d’une richesse incroyable. Ils ont vécu autre chose que le capitalisme pendant des années, l’expérience qu’ils ont vécu, bonne ou mauvaise, peut aider à inventer un nouveau modèle économique.

Par ailleurs, le fait que l’Allemagne ait ouvert ses portes lors de la crise des réfugiés, semble aussi indiquer une approche plus humaniste et moins tournée vers elle-même.

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3- Inventer un capitalisme 3.0 (de préférence, centré sur l’humain, sur le bonheur et sur l’humanitude).

Tel était le challenge que nous nous étions fixé à l’occasion d’un atelier, pour inventer Genève 2050. J’avais le plaisir d’animer une des 8 tables de travail, avec d’importants acteurs publiques.

Parmi les pistes à explorer :

  • Impulsion de la transition écologique par les organisations transnationales
  • Résolution des tensions environnementales par l’information
  • Basculement vers un appareil productif soutenable
  • Intégration de la responsabilité écologique dès la prime enfance.

Les résultats de ces travaux sont confidentiels et en cours de consolidation. Cependant, lorsque l’équipe de la table que j’animais, a commencé à se mettre dans la peau de la génération née dans les années 2030, le modèle anglosaxon est apparu assez clairement comme le contre-modèle, celui à ne pas suivre. Alors que les exemples vertueux, semblent tous venir du modèle rhénan et également de l’envie de créer de nouvelles pistes, et de monitorer tout cela par un indice du bonheur.

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En tout cas, le modèle « anglosaxon zinzin », ne semble plus séduire personne, notamment chez les « jeunes d’aujourd’hui », qui ont un rapport très nouveau au travail, ne veulent pas que leur destin « soit programmé par Facebook » et que leurs faits et gestes soient connus par « Google » & friends (vu le nombre des friends…)

Et vous, quelle piste pensez-vous que nous devrions suivre pour inventer un capitalisme compatible avec le bonheur de nos enfants ?