Pourquoi le réseautage humain reste indispensable

L’IA ne portera jamais votre cravate

À l’heure où les algorithmes prédisent nos besoins, où ChatGPT rédige nos emails et où le « Big Data » semble détenir les clés de la réussite commerciale, une question se pose : le réseautage traditionnel, celui des poignées de main et des cafés en terrasse, est-il devenu obsolète ?

La réponse est un non catégorique. Au contraire, dans un monde saturé de connexions numériques, la connexion humaine devient le luxe ultime et l’avantage concurrentiel le plus puissant.

Pourquoi ? Parce que la technologie a des limites infranchissables.

L’Algorithme vs L’Alchimie

L’intelligence artificielle est un outil formidable pour traiter l’information, mais elle est totalement démunie face à l’émotion. Il existe une frontière physique et psychologique que le code ne peut pas traverser.

Soyons pragmatiques : une IA ne sait pas faire un nœud de cravate.

Cette image peut prêter à sourire, mais elle symbolise une réalité profonde. Faire un nœud de cravate (ou ajuster sa tenue avant un rendez-vous), c’est un rituel. C’est l’effort que l’on fait pour l’autre, le respect des codes sociaux, et la préparation mentale avant une interaction. L’IA n’a pas de corps, pas de présence, et par conséquent, elle ne peut pas projeter cette aura de professionnalisme incarné.

Plus important encore : une IA ne peut pas boire un verre avec vous.

Elle ne peut pas partager un café chaud par un matin d’hiver ni trinquer après une longue journée de séminaire. Or, c’est précisément dans ces moments « hors cadre », loin des salles de réunion aseptisées et des écrans, que se joue l’essentiel.

La Biologie de la Confiance

Le véritable réseautage ne consiste pas à échanger des cartes de visite (ou des QR codes), mais à transférer de la confiance.

Le saviez-vous ? La confiance est un processus biochimique. Lorsque nous interagissons physiquement avec quelqu’un, que nous partageons un repas ou un moment de détente, notre cerveau libère de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement social.

C’est ce qui crée la proximité.

  • L’IA simule l’empathie ; l’humain la ressent. Un logiciel peut analyser le ton de votre voix, mais il ne peut pas « sentir » l’ambiance d’une pièce ni comprendre le non-dit d’un regard fuyant ou d’un sourire sincère.
  • La vulnérabilité crée le lien. Accepter de « boire un verre », c’est briser la glace. C’est sortir du rôle strict de la fonction pour laisser place à la personne. C’est là que naissent les partenariats durables, ceux qui résistent aux crises parce qu’ils sont fondés sur une relation interpersonnelle et non transactionnelle.

La Sérendipité : Ce que l’IA ne peut pas calculer

Les algorithmes sont conçus pour vous donner ce que vous cherchez. Si vous cherchez un comptable, LinkedIn vous proposera des comptables. C’est efficace, mais c’est fermé.

Le réseautage humain, lui, laisse place à la sérendipité (le hasard heureux). Discuter avec un inconnu lors d’un événement peut vous mener à une opportunité que vous n’auriez jamais imaginée et qu’aucun algorithme n’aurait pu prédire, car elle ne correspondait à aucun de vos « mots-clés » précédents.

Comment réseauter à l’ère de l’IA ?

Ne jetez pas votre ordinateur, mais réinvestissez le terrain. Voici trois piliers pour un réseautage efficace aujourd’hui :

  1. Misez sur l’authenticité : Dans un monde de textes générés automatiquement, une parole sincère et imparfaite a plus de valeur qu’un discours lisse.
  2. Provoquez la rencontre physique : Utilisez le numérique pour initier le contact, mais essayez toujours de transformer le virtuel en réel. « On se prend 15 minutes au téléphone ? » vaudra toujours mieux que 10 emails. « On déjeune ensemble ? » vaut mieux que 10 appels.
  3. Soyez « intéressé » avant d’être « intéressant » : L’IA répond aux questions. L’humain, lui, doit poser des questions, écouter et comprendre les besoins de l’autre.

Conclusion

La technologie est un levier, pas un remplaçant. Elle peut organiser votre agenda, trier vos contacts et vous rappeler les anniversaires. Mais pour tout ce qui compte vraiment — la confiance, l’intuition, la loyauté et la chaleur humaine — vous êtes seul aux commandes.

Alors, pour votre prochaine opportunité d’affaires, ne demandez pas à ChatGPT d’écrire un message parfait. Mettez votre cravate (ou pas), sortez, et allez boire ce verre. C’est là que l’avenir se construit.

Pfff… on ne joue clairement pas dans la même cour

C’est bien connu, depuis la cour de récréation, les grands jouent avec les grands et les petits jouent avec les petits.

Dans le business, c’est très souvent la même chose.

Les gros acteurs de marché ne prennent aucun risque à acheter leurs produits ou leurs services auprès d’autres gros acteurs.

C’est rassurant. Pas de prise de risque. Personne ne va perdre son emploi pour avoir acheté de l’IBM, du Microsoft ou du McKinsey.

Comme beaucoup d’autres avant moi, j’ai aussi travaillé avec les « grands » (les « grands comptes », les « top clients », les « focus group accounts » et autre « priority accounts ») lorsque je travaillais pour de grands groupes.

Sans vraiment me poser de questions, par réflexe sans doute, par facilité aussi, et vraisemblablement en raison de tous les contrats existants en place.

A l’inverse, les PME aiment travailler ensemble d’égal à égal, moins de risque de se faire manger ou engloutir par la force juridique ou financière du grand partenaire.

Est-ce pour autant toujours la bonne décision et le bon réflexe de ne pas prendre de risque ?

Est-ce vraiment risqué de travailler avec les « plus petits » ou a minima de les comparer aux grands acteurs ?

En creusant un peu le sujet et en y regardant de plus près, quel est l’intérêt pour les grands acteurs, les grandes multinationales, les leaders de leur marché d’aller voir ce que les plus petits acteurs peuvent offrir ?

Pas de risque, pas de chocolat !!!

Et si on changeait ces habitudes, ces codes et ces réflexes, juste pour voir ce que cela donne … qui sait, on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise.

4 bonnes raisons de travailler avec les TPE / PME et les startups

Pour une grande entreprise, travailler avec une TPE / PME locale présente de nombreux avantages qu’elle peut valoriser de plusieurs manières :

1. Dynamiser l’économie locale :

  • Soutenir l’emploi et le tissu économique local en collaborant avec des TPE / PME implantées dans la région.
  • Participer au développement économique local en favorisant la création de richesse et d’innovation.
  • Améliorer l’image de l’entreprise en tant qu’acteur responsable et engagé dans son territoire.

2. Bénéficier d’une expertise unique :

  • Accéder à des compétences et des savoir-faire spécifiques que les grandes entreprises ne possèdent pas toujours en interne.
  • Profiter de la réactivité et de l’agilité des TPE / PME pour mener à bien des projets ponctuels ou complexes.
  • Développer des solutions innovantes en co-création avec des TPE / PME à la pointe de leur domaine.
  • Les grands groupes raisonnent en terme d’économie d’échelle, les petites structures jouent évidemment un autre jeu pour tirer leur épingle du jeu.

3. Gagner en flexibilité et en agilité :

  • Travailler avec des TPE / PME permet de s’adapter plus facilement aux besoins spécifiques et aux évolutions du marché.
  • Bénéficier d’une relation plus étroite et personnalisée avec des partenaires locaux.
  • Réduire les délais de développement et de mise en œuvre des projets grâce à la proximité et à la réactivité des TPE / PME.

4. Renforcer sa communication et son engagement :

  • Valoriser son engagement auprès des parties prenantes locales en soulignant ses collaborations avec les TPE / PME.
  • Améliorer son image de marque en tant qu’entreprise responsable et solidaire.
  • Se différencier de la concurrence en mettant en avant son ancrage local et ses partenariats durables.

Voici quelques exemples concrets de valorisation possible pour le grand groupe pour finir de vous convaincre de franchir le pas :

  • Communication interne et externe : Mettre en avant les collaborations avec les PME locales dans les supports de communication de l’entreprise (site web, brochures, réseaux sociaux).
  • Organisation d’événements : Organiser des rencontres, des conférences ou des ateliers pour partager les expériences et les bonnes pratiques entre les grandes entreprises et les PME locales.
  • Mise en place de programmes de soutien : Développer des programmes de mentorat, d’incubation ou d’accélération pour accompagner les TPE / PME locales dans leur croissance.

Vous pouvez avoir tout cela simplement en collaborant, en co-créant.

Pas besoin de vouloir à tout prix prendre le contrôle dans des prises de participation ultra complexes, pour des valorisations très incertaines. Pas besoin d’intégrer les petits pour qu’ils se noient dans la grande megastructure. Savoir collaborer d’égal à égal, c’est la règle de base, celle que l’on pose en introduction de nos ateliers participatifs, notamment en design thinking ou en co-design.

Co-créer avec des TPE / PME locales offre de nombreux avantages pour les grandes entreprises.

En valorisant ces collaborations, les grandes entreprises peuvent renforcer leur ancrage territorial, stimuler l’économie locale et améliorer leur image de marque en tant qu’employeur, et en tant que contributeur à la collectivité.

On parie que vous prendrez le risque ??? 😉

PS : Après avoir eu la chance de cotoyer certaines des meilleures TPE / PME suisses et européennes, après avoir appris au contact d’incroyables entrepreneurs audacieu.se.s et après avoir pu évaluer leurs projets innovants, j’ai la conviction qu’elles détiennent des trésors d’agilité et de créativité à découvrir, et parfois une mine d’or en terme de culture d’entreprise.