Fablabs et Living Labs : Impacts Concrets sur l’Innovation

Innover avec impact : quels résultats concrets pour les organisations et les territoires ?

Les fablabs et les living labs se sont imposés comme deux dispositifs clés de l’innovation ouverte, en particulier lorsqu’il s’agit d’inventer de nouveaux produits, services ou politiques publiques au plus près des usages réels.

Lorsqu’ils sont bien conçus et animés, ils produisent des résultats tangibles à la fois techniques, économiques, sociaux et organisationnels.

Rappels : ce que sont un fablab et un living lab

Un fablab (fabrication laboratory) est un atelier de fabrication numérique ouvert, équipé de machines comme des imprimantes 3D, découpe laser, fraiseuses CNC, outils d’électronique. Il permet à des individus et des organisations de passer rapidement de l’idée au prototype physique, dans une logique d’expérimentation et de partage des connaissances.

Un living lab (laboratoire vivant) est un dispositif d’innovation où entreprises, chercheurs, collectivités et citoyens co‑conçoivent, testent et évaluent des solutions dans des contextes réels de vie (quartier, hôpital, école, entreprise, territoire agricole, etc.). L’objectif est de développer des produits, services ou politiques mieux alignés sur les besoins et contraintes des utilisateurs finaux.


Les résultats obtenus grâce aux fablabs

Les fablabs produisent d’abord des résultats techniques et pédagogiques très visibles, mais aussi des effets de plus long terme sur la culture d’innovation et les écosystèmes.

1. Prototypage rapide et tangible

  • Production de prototypes fonctionnels d’objets, de pièces techniques ou de dispositifs (santé, éducation, agriculture urbaine, mobilité, etc.).
  • Capacité à itérer rapidement sur la forme, l’ergonomie et les fonctionnalités d’un produit avant un investissement industriel lourd.
  • Possibilité de développer des solutions adaptées à des besoins très locaux, par exemple des outils spécifiques pour agriculteurs urbains ou publics vulnérables.

Exemple : certains fablabs ont vu naître des imprimantes 3D open source ou des systèmes d’irrigation automatisés adaptés aux contraintes des agriculteurs urbains, directement issus des besoins exprimés sur le terrain.

2. Montée en compétences et autonomisation

  • Acquisition de compétences en modélisation 3D, impression 3D, électronique embarquée, programmation, prototypage rapide, etc.
  • Développement de capacités de bricolage créatif et de résolution de problèmes concrets, utiles autant en entreprise que dans des projets citoyens.
  • Diffusion d’une culture du « faire » (do it yourself / do it together) qui renforce l’autonomie des individus et des petites structures face à la technologie.

3. Démocratisation de l’innovation et inclusion

  • Accès à des équipements coûteux pour des TPE, des startups, des étudiants ou des associations qui ne pourraient pas les financer seules.
  • Ouverture de l’innovation à des profils variés : designers, ingénieurs, artistes, bricoleurs, citoyens, jeunes en insertion, etc.
  • Création de communautés apprenantes locales, favorisant entraide, mentorat et projets collectifs.

4. Impacts sur les organisations

Pour une entreprise ou une institution, l’utilisation d’un fablab ou la création d’un fablab interne peut conduire à :

  • Une réduction du temps et du coût de développement de maquettes et prototypes.
  • Une accélération des cycles d’innovation, grâce à l’expérimentation rapide et à la visualisation concrète des idées.
  • Un renforcement des compétences transversales (animation de projets, travail collaboratif, créativité) au sein des équipes.

Les résultats obtenus grâce aux living labs

Les living labs se distinguent par leur capacité à produire des résultats centrés sur les usages, la pertinence sociale et la mise à l’échelle des innovations.

1. Solutions mieux alignées sur les besoins réels

  • Co‑conception de produits, services ou politiques publiques à partir des besoins exprimés (ou latents) des utilisateurs finaux.
  • Prise en compte des dimensions sociales, organisationnelles et environnementales dès le départ, et pas seulement de la technologie.
  • Réduction des risques d’échec à la mise sur le marché ou lors du déploiement d’une réforme, grâce à des tests préalables en conditions réelles.

Exemple : sur le quartier Humanicité à Lille, le living lab permet de co‑élaborer des réponses innovantes aux besoins des habitants (dont des personnes malades ou en situation de handicap) et de tester les prototypes dans la vie quotidienne.

2. Accélération et sécurisation du passage à l’échelle

  • Test des solutions dans des environnements complets (quartiers, fermes, bâtiments, infrastructures 5G, etc.) avant un déploiement large.
  • Collecte de données d’usage et d’impact (économique, social, environnemental) qui servent de preuves pour convaincre partenaires, financeurs et décideurs publics.
  • Amélioration continue par itérations successives, en intégrant en temps réel les retours des usagers et parties prenantes.

3. Appropriation sociale et gouvernance partagée

  • Implication active des citoyens, patients, usagers, collaborateurs, etc., qui deviennent co‑créateurs plutôt que simples « cibles » de l’innovation.
  • Construction d’un sentiment de communauté autour des projets, qui renforce l’adhésion, la confiance et la pérennité des solutions mises en place.
  • Expérimentation de nouvelles formes de gouvernance collaborative entre acteurs publics, privés, associatifs et académiques (logique de quadruple ou quintuple hélice).

Quand fablabs et living labs se combinent : des effets démultipliés

La combinaison de fablabs (capacité de fabrication et d’expérimentation matérielle) et de living labs (capacité de co‑conception et de test en situation réelle) produit des résultats particulièrement riches.

1. Du prototype à l’usage réel, sans rupture

  • Conception et fabrication de prototypes dans le fablab (objets, capteurs, mobiliers urbains, dispositifs pédagogiques, prototypes de produits de santé, etc.).
  • Test et évaluation de ces prototypes dans le living lab, directement au contact des usagers et dans l’environnement cible (quartier, hôpital, ferme, bâtiment).
  • Boucles itératives rapides : retours d’expérience du terrain, modifications techniques au fablab, nouveau test, jusqu’à stabilisation de la solution.

2. Innovation technique ET innovation sociale

  • Les fablabs favorisent une innovation technique accessible et distribuée, en ouvrant la fabrication à des publics variés.
  • Les living labs favorisent une innovation d’usage et sociale, en mettant au centre les pratiques, les modes de vie, les organisations et les politiques publiques.
  • Ensemble, ils permettent de produire des solutions à la fois techniquement robustes, socialement acceptables et mieux intégrées aux écosystèmes locaux.

3. Dynamiques d’écosystèmes et de territoires apprenants

  • Création de véritables communautés d’innovation territoriales, où se rencontrent citoyens, entreprises, chercheurs, collectivités et associations.
  • Décloisonnement entre secteurs (santé, éducation, mobilité, environnement, culture, numérique) et entre tailles d’organisation (grandes entreprises, PME, startups, fablabs citoyens).
  • Renforcement de l’attractivité des territoires engagés, capables d’offrir un cadre concret d’expérimentation aux porteurs de projets et aux investisseurs.

Tableau récapitulatif des résultats : fablab vs living lab

DispositifTypes de résultats principauxExemples de livrables obtenus
FablabPrototypes physiques, montée en compétences techniques, démocratisation de la fabrication numérique. Objets ou pièces fonctionnelles, maquettes, prototypes de produits, démonstrateurs techniques, documentation open source. 
Living labSolutions centrées usages, validation en conditions réelles, données d’impact, appropriation sociale. Services ou produits ajustés aux besoins réels, recommandations de politiques publiques, retours d’expérience structurés, indicateurs d’impact. 
Fablab + Living labChaîne complète de l’idée au test terrain, innovation technique et sociale, écosysteme d’innovation territoriale. Prototypes testés sur le terrain, itérations rapides produit–usage, communautés d’innovation, programmes d’expérimentation multi‑acteurs. 

Comment valoriser ces résultats dans votre organisation

Pour une entreprise, une collectivité ou une structure d’enseignement, l’enjeu est de connecter clairement les activités de fablab et de living lab à des objectifs stratégiques. Quelques pistes :

  • Définir des indicateurs simples : nombre de prototypes, nombre de tests terrain, délais de développement, satisfaction des usagers, impact environnemental, etc.
  • Intégrer fablab et living lab dans les processus d’innovation (funnel, sprints, feuilles de route R&D, programmes d’intrapreneuriat).
  • Formaliser les apprentissages (retours d’expérience, guides, méthodes) pour qu’ils circulent dans toute l’organisation ou le territoire.

IA et fablab peuvent-ils faire bon ménage ?

Entre démocratisation de l’accès, amour du lowtech et accélération de l’IA, comment trouver les bons équilibres dans votre fablab ?

Faut-il foncer sans trop réfléchir pour saisir les opportunités de l’IA ou plutôt attendre le temps de bien cerner les risques ?

L’intelligence artificielle (IA) est une technologie en plein essor qui a le potentiel de révolutionner de nombreux domaines, dont celui de la fabrication numérique. Dans un fablab, l’IA peut être utilisée pour améliorer la productivité, la créativité et l’innovation.

Améliorer la productivité

L’IA peut être utilisée pour automatiser des tâches répétitives et chronophages, telles que la conception, la fabrication et le contrôle qualité. Cela peut libérer les utilisateurs du fablab pour se concentrer sur des tâches plus créatives et stratégiques.

Par exemple, un logiciel d’IA peut être utilisé pour générer des modèles 3D à partir de descriptions textuelles, ce qui peut réduire le temps nécessaire à la conception d’un objet. Une machine à commande numérique (CNC) peut être équipée d’un système d’IA pour suivre automatiquement les contours d’un objet, ce qui permet d’éliminer les erreurs de découpe. Un système de vision artificielle peut être utilisé pour contrôler la qualité des produits fabriqués, ce qui permet de détecter les défauts et de les corriger rapidement.

Favoriser la créativité

L’IA peut être utilisée pour aider les utilisateurs du fablab à explorer de nouvelles idées et à créer des objets plus innovants.

Par exemple, un logiciel d’IA peut être utilisé pour générer des suggestions de design, en fonction des préférences de l’utilisateur ou des contraintes techniques. Un système d’IA peut être utilisé pour analyser des données historiques afin de trouver des tendances ou des corrélations qui peuvent inspirer de nouveaux projets. Une plateforme d’IA peut être utilisée pour permettre aux utilisateurs de partager leurs créations et d’obtenir des commentaires des autres.

Développer l’innovation

L’IA peut être utilisée pour aider les utilisateurs du fablab à résoudre des problèmes complexes et à développer de nouvelles technologies.

Par exemple, un logiciel d’IA peut être utilisé pour simuler le comportement de matériaux ou de systèmes, ce qui peut aider les utilisateurs à concevoir des objets plus performants. Un système d’IA peut être utilisé pour rechercher de nouvelles solutions à des problèmes techniques, en explorant un espace de solutions plus vaste que ce que les humains pourraient faire seuls. Une communauté d’IA peut être utilisée pour fédérer des experts de différents domaines afin de collaborer sur des projets innovants.

Les différentes applications de l’IA dans un fablab

L’IA peut être utilisée dans de nombreux domaines différents dans un fablab, notamment :

  • La conception : l’IA peut être utilisée pour générer des modèles 3D, concevoir des circuits électroniques, ou créer des prototypes de produits.
  • La fabrication : l’IA peut être utilisée pour automatiser des tâches de fabrication, telles que la découpe, le soudage ou le collage.
  • Le contrôle qualité : l’IA peut être utilisée pour détecter les défauts de fabrication ou pour assurer la conformité des produits aux normes.
  • La maintenance : l’IA peut être utilisée pour diagnostiquer les pannes d’équipement ou pour proposer des solutions d’optimisation.
  • La gestion : l’IA peut être utilisée pour suivre les stocks, gérer les commandes ou analyser les données.

Les avantages de l’utilisation de l’IA dans un fablab

L’utilisation de l’IA dans un fablab présente de nombreux avantages, notamment :

  • Une augmentation de la productivité : l’automatisation des tâches permet de libérer les utilisateurs pour se concentrer sur des tâches plus créatives et stratégiques.
  • Une amélioration de la créativité : l’IA peut aider les utilisateurs à explorer de nouvelles idées et à créer des objets plus innovants.
  • Un développement de l’innovation : l’IA peut aider les utilisateurs à résoudre des problèmes complexes et à développer de nouvelles technologies.

Les défis de l’utilisation de l’IA dans un fablab

L’utilisation de l’IA dans un fablab présente également quelques défis, notamment :

  • La complexité de l’IA : l’IA peut être une technologie complexe à maîtriser, ce qui peut nécessiter une formation et un accompagnement spécifiques.
  • La disponibilité des données : l’IA nécessite des données pour s’entraîner et fonctionner, ce qui peut être un défi dans certains cas.
  • L’éthique de l’IA : l’utilisation de l’IA soulève des questions éthiques, telles que la discrimination ou la sécurité.

L’IA est une technologie prometteuse qui a le potentiel de révolutionner la fabrication numérique. Dans un fablab, l’IA peut être utilisée pour améliorer la productivité, la créativité et l’innovation.

Le meilleur parc machines pour un fablab dépend de plusieurs facteurs, notamment de la taille du fablab, de ses objectifs et de son budget. Cependant, certains équipements sont essentiels à tout fablab, notamment :

  • Une imprimante 3D : l’imprimante 3D est l’équipement le plus populaire dans les fablabs. Elle permet de créer des objets en trois dimensions à partir d’un modèle numérique.
  • Une découpeuse laser : la découpeuse laser permet de couper et de graver des matériaux tels que le bois, le plastique, le cuir ou le tissu.
  • Une fraiseuse CNC : la fraiseuse CNC permet de fraiser et de percer des matériaux tels que le bois, le métal ou le plastique.
  • Un scanner 3D : le scanner 3D permet de numériser un objet physique en trois dimensions.

En plus de ces équipements essentiels, les fablabs peuvent également investir dans d’autres équipements, pour se distinguer et se différencier les uns des autres, tels que :

  • Une brodeuse : la brodeuse permet de broder des motifs sur des textiles.
  • Une découpeuse vinyle : la découpeuse vinyle permet de découper des motifs dans du vinyle autocollant.
  • Une table de découpe : la table de découpe permet de découper des matériaux tels que le papier, le carton ou le tissu.
  • Une imprimante 2D : l’imprimante 2D permet d’imprimer des documents et des images sur du papier, souvent grand format.

Le coût d’un parc machines pour un fablab varie en fonction de la taille et de la qualité des équipements. En général, le coût d’une imprimante 3D se situe entre 500 et 5 000 euros, celui d’une découpeuse laser entre 1 000 et 10 000 euros, et celui d’une fraiseuse CNC entre 5 000 et 50 000 euros.

Le coût des autres équipements est également variable.

Les investissements sont conséquents, les cas d’usage souvent à inventer, c’est pour cela que mutualiser les machines, les compétences et les ressources est clé pour réussir.

L’intelligence artificielle (IA) peut être utile dans un fablab de différentes manières, notamment :

  • Pour automatiser des tâches répétitives et chronophages, telles que la conception, la fabrication et le contrôle qualité. Cela peut libérer les utilisateurs du fablab pour se concentrer sur des tâches plus créatives et stratégiques.
  • Pour aider les utilisateurs à explorer de nouvelles idées et à créer des objets plus innovants. L’IA peut être utilisée pour générer des suggestions de design, analyser des données historiques ou encore fédérer des experts de différents domaines afin de collaborer sur des projets innovants.
  • Pour résoudre des problèmes complexes, telles que la conception de nouveaux matériaux ou de nouveaux systèmes. L’IA peut être utilisée pour simuler le comportement de matériaux ou de systèmes, ou encore pour rechercher de nouvelles solutions à des problèmes techniques.

Voici quelques exemples concrets d’applications de l’IA dans un fablab :

  • Un logiciel d’IA peut être utilisé pour générer des modèles 3D à partir de descriptions textuelles, ce qui peut réduire le temps nécessaire à la conception d’un objet.
  • Une machine à commande numérique (CNC) peut être équipée d’un système d’IA pour suivre automatiquement les contours d’un objet, ce qui permet d’éliminer les erreurs de découpe.
  • Un système de vision artificielle peut être utilisé pour contrôler la qualité des produits fabriqués, ce qui permet de détecter les défauts et de les corriger rapidement.
  • Un logiciel d’IA peut être utilisé pour générer des suggestions de design, en fonction des préférences de l’utilisateur ou des contraintes techniques.
  • Un système d’IA peut être utilisé pour analyser des données historiques afin de trouver des tendances ou des corrélations qui peuvent inspirer de nouveaux projets.
  • Une plateforme d’IA peut être utilisée pour permettre aux utilisateurs de partager leurs créations et d’obtenir des commentaires des autres.

Le choix de l’IA à utiliser dans un fablab dépend des besoins et des objectifs spécifiques du fablab. Cependant, les technologies d’IA qui sont les plus susceptibles d’être utiles dans un fablab sont celles qui peuvent automatiser des tâches, aider à la créativité et résoudre des problèmes complexes.

L’IA est déjà dans les fablabs.

Voici quelques exemples d’IA déjà utilisées dans les fablabs :

  • Autodesk Fusion 360 : un logiciel de conception 3D qui utilise l’IA pour générer des suggestions de design, détecter les erreurs de conception et améliorer la productivité.
  • Cura : un logiciel de tranchage pour imprimantes 3D qui utilise l’IA pour optimiser le temps d’impression et la qualité des impressions.
  • Slic3r : un autre logiciel de tranchage pour imprimantes 3D qui utilise l’IA pour les mêmes objectifs que Cura.
  • OpenCV : une bibliothèque de logiciels open source de vision artificielle qui peut être utilisée pour des tâches telles que le contrôle qualité, la reconnaissance de formes et la détection de mouvement.
  • TensorFlow : un framework de machine learning open source qui peut être utilisé pour développer des modèles d’IA personnalisés pour des tâches spécifiques.

Ces technologies sont déjà utilisées dans une variété de fablabs, à travers le monde. Elles sont notamment utilisées pour :

  • Automatiser la conception 3D
  • Améliorer la qualité des impressions 3D
  • Contrôler la qualité des produits fabriqués
  • Développer de nouveaux matériaux et systèmes

L’utilisation de l’IA dans les fablabs est en pleine croissance, et de nouvelles applications sont développées en permanence.

Et vous, comment votre communauté utilise-t-elle l’IA dans votre fablab ?