Choisir un coach du même sexe : et si c’était une erreur ?

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Disons-le franchement : si vous choisissez systématiquement un coach du même sexe que vous, il y a de fortes chances que vous cherchiez du confort… pas du changement.

Oui, c’est brutal. Mais regardons les faits.

Dans le monde professionnel, on parle sans cesse de sortir de sa zone de confort, de challenger ses biais, d’élargir ses perspectives.
Et pourtant, au moment de choisir un coach — c’est-à-dire précisément la personne censée provoquer ces déclics — beaucoup reviennent à un critère primaire : “je serai plus à l’aise avec quelqu’un comme moi”.

Quel paradoxe.

Le coaching n’est pas fait pour vous ressembler
Un coach n’est pas là pour vous comprendre “naturellement”.
Il est là pour vous faire voir ce que vous ne voyez pas.

Et devinez quoi ? Ce que vous ne voyez pas se trouve rarement chez quelqu’un qui fonctionne exactement comme vous.

Choisir un coach du même sexe, c’est souvent choisir :

  • quelqu’un qui valide vos angles morts
  • quelqu’un qui partage vos codes implicites
  • quelqu’un avec qui la confrontation sera… atténuée

Autrement dit : un accompagnement plus agréable, mais souvent moins transformateur.

Le vrai problème : vous évitez le point de friction
Une femme qui refuse d’être coachée par un homme, ou un homme qui écarte une coach femme, invoque souvent des raisons “pratiques” ou “relationnelles”.

Mais soyons honnêtes : il s’agit très souvent d’évitement.

Évitement de quoi ?

  • D’un regard qui ne fonctionne pas comme le vôtre
  • D’une lecture différente de vos comportements
  • D’un inconfort relationnel qui pourrait pourtant être extrêmement révélateur

Or, c’est précisément dans cet inconfort que se joue la progression.

Si votre coach ne vous déstabilise jamais, il ne vous transforme pas.

Le genre n’est pas neutre — et c’est tant mieux
On aimerait croire que le genre n’a aucune importance. C’est faux.

Il structure encore profondément :

  • les dynamiques de pouvoir
  • les modes de communication
  • les mécanismes de légitimité

Faire comme si cela n’existait pas, c’est rester en surface.

À l’inverse, intégrer cette dimension dans le coaching, c’est accéder à un niveau de travail beaucoup plus lucide, beaucoup plus exigeant.

Et donc, beaucoup plus efficace.

Alors, inconfort ou progression ?
Vous pouvez continuer à choisir un coach qui vous rassure.
Ou vous pouvez choisir un coach qui vous challenge vraiment.

Mais il faut être clair sur une chose :
les deux produisent rarement les mêmes résultats.

La prochaine fois que vous aurez une préférence “naturelle” pour un coach du même sexe, posez-vous une seule question :

Est-ce que je choisis ce qui est juste… ou ce qui m’arrange ?

Dois-je les forcer à sortir de leur zone de confort ?

« Je suis nul en réseautage », « je n’aime pas les réseaux sociaux », « je ne vois pas pourquoi je devrai pitcher », « J’ai horreur de me vendre », « c’est tellement humiliant de chercher un emploi », « hors de question d’envoyer un CV, j’attends qu’on vienne me chercher », « jamais je ne ferai de vidéo », « je ne vais jamais sur LinkedIN », « je n’ose pas demander », « j’y suis allé.e mais je ne connaissais personne, je ne veux plus y retourner… »

La liste d’exemples entendus est longue comme le bras et quelque soit le sujet, il m’arrive d’être confronté à des situations où cette question se pose :

  • Dois-je l’inviter à essayer et à oser ?
  • Dois-je l’inciter à se mettre en danger et à tenter au moins une fois ?
  • Dois-je les forcer à sortir de leur zone de confort ?
  • Que faire pour créer ce « choc de motivation » qui va déclencher quelque chose de nouveau et inhabituel, et changer les choses pour le meilleur ?

Si j’étais toi, je ferais….

Oui, mais voilà, je ne suis pas toi, et c’est une partie du questionnement…

Si de l’extérieur, cela semble assez évident que c’est dans l’intérêt de la personne et pour son bien, à y réfléchir à deux fois, c’est tout de même pas si évident de bien faire passer le message.

Alors que faire ? Pesons le pour et le contre…

Perspectives favorables à forcer l’autre à oser

  • Développement personnel : Sortir de sa zone de confort est souvent prôné dans le développement personnel comme une manière d’apprendre, de grandir, et de se surpasser. Pousser quelqu’un à expérimenter de nouvelles choses peut l’aider à découvrir de nouveaux talents, intérêts, ou à surmonter des peurs irrationnelles.
  • Renforcement de la confiance en Soi : En encourageant quelqu’un à essayer quelque chose de nouveau, on peut contribuer à renforcer sa confiance en soi. Les petites victoires en dehors de la zone de confort peuvent avoir un impact significatif sur l’estime de soi.
  • Amélioration des relations : Parfois, sortir de sa zone de confort peut améliorer les relations interpersonnelles, par exemple en apprenant à communiquer différemment ou en participant à des activités conjointes qui n’étaient pas envisagées auparavant.

Perspectives contre à forcer l’autre à sortir de sa zone de confort

  • Respect de l’autonomie : Forcer quelqu’un contre sa volonté peut être perçu comme une violation de son autonomie. Chacun a son rythme et ses peurs, et forcer peut engendrer du ressentiment ou de l’inconfort accru.
  • Stress et anxiété : Sortir de sa zone de confort sans être prêt peut générer de l’anxiété ou du stress. Si cette sortie n’est pas gérée avec sensibilité, cela peut avoir des effets contre-productifs, comme une baisse de moral ou une aversion accrue pour l’activité en question.
  • Résultats non garantis : Contrairement à ce qu’espère peut-être celui qui pousse, sortir de sa zone de confort n’assure pas le succès ou l’épanouissement. Certains peuvent y trouver du stress inutile ou se sentir déplacés sans pour autant en retirer des bénéfices personnels.

Bref, pour le moment, voilà où j’en suis dans mes réflexions… une ligne de crête où chaque pas peut nous faire tomber d’un coté ou de l’autre.

  • Approche encouragée vs. forcée : Plutôt que de forcer, il pourrait être plus bénéfique d’encourager, de soutenir, et de créer des environnements où sortir de sa zone de confort apparaît comme une option attrayante et sécurisée.
  • Compréhension et empathie : Comprendre pourquoi quelqu’un reste dans sa zone de confort est crucial. Peut-être y a-t-il des raisons valables (peur irrationnelle, expériences passées) qui nécessitent d’abord un travail intérieur ou thérapeutique.
  • Équilibre : Trouver un équilibre entre le soutien à la croissance personnelle et le respect des limites personnelles est essentiel. Parfois, l’exemple personnel, la patience, et des petites incitations peuvent être plus efficaces qu’une poussée directe.

En résumé, plutôt que de forcer, une approche consensuelle et compréhensive me semble plus appropriée, valorisant la croissance personnelle tout en respectant l’individualité et le rythme de chacun.

C’est ce que je m’efforce de faire dans mes séances de coaching individuel.

Et vous, êtes vous plutôt pour ou contre forcer la main de l’autre pour son bien ? Etes-vous plutôt poussée directe et grande tape dans le dos ou petites incitations subtiles ?