L’IA générative n’est pas neutre

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C’est le cœur du réacteur de la gouvernance technologique de demain. Si l’IA générative devient l’infrastructure de notre pensée collective, de notre éducation et de nos institutions, celui qui en dicte les règles fondamentales détient un pouvoir culturel absolu.

La dépendance actuelle à des modèles universels conçus par une poignée d’acteurs met en lumière une fracture majeure.

L’IA est un artefact culturel. Sommes-nous prêts à sous-traiter la morale de notre civilisation ? 🌍💡

Si l’intelligence artificielle devient l’infrastructure de notre pensée collective, de notre éducation et de nos institutions, celui qui en dicte les règles fondamentales détient un pouvoir culturel absolu.

Pendant des années, on nous a vendu le mythe de la technologie neutre.

Or, un grand modèle de langage (LLM) encode une vision du monde bien précise à travers les poids de ses réseaux de neurones. Face à la tentative d’imposer un modèle universel (et souvent hégémonique), nous assistons aujourd’hui à une friction historique entre trois formes de légitimité :

Voici comment se structure cette tension entre les différentes légitimités, et pourquoi l’IA souveraine devient un impératif stratégique.

1. L’affrontement des trois légitimités

Nous assistons aujourd’hui à une friction historique entre trois manières de justifier le pouvoir sur la technologie.

Type de LégitimitéSource du pouvoirVision du rôle de l’IALimite systémique
Marchande (Big Tech)Le capital et l’innovationUn produit utilitariste à optimiser et monétiser à grande échelle.Impose les biais d’une technopole spécifique ; ignore les externalités sociales.
Réglementaire (États / UE)La loi et la protection des citoyensUn système de risques à catégoriser et à encadrer (ex: AI Act).Approche purement défensive ; dicte ce qu’il ne faut pas faire, sans vision morale positive.
Sociétale & SpirituelleL’histoire, la culture et l’intelligence collectiveUn artefact civilisationnel qui doit s’aligner sur la dignité et le bien commun.Complexe à traduire en impératifs mathématiques exploitables par l’ingénierie.

Le danger actuel est que la légitimité marchande a pris de vitesse les deux autres. Elle tente de s’autoproclamer éthique (via des chartes d’entreprise) pour éviter que la légitimité réglementaire ne la freine, tout en ignorant largement la légitimité sociétale.

2. La fin du mythe de l’IA « Universelle »

Pendant des années, la Silicon Valley a vendu l’idée que la technologie était neutre. Or, un grand modèle de langage (LLM) n’est jamais neutre : c’est un artefact culturel. Les poids de ses réseaux de neurones encodent une vision du monde bien précise (souvent libertarienne, centrée sur l’individu, l’efficacité à court terme et le relativisme moral).

Tenter de créer une seule « Constitution IA » mondiale est une illusion. Les notions de liberté d’expression, de respect de l’autorité, de rapport à la religion ou de primauté du groupe sur l’individu diffèrent radicalement entre les États-Unis, la Chine, le monde arabo-musulman ou l’Europe. Une IA universelle finit toujours par écraser les nuances culturelles au profit d’un consensus lisse et hégémonique.

3. L’impératif des IA Souveraines et des Constitutions Locales

C’est ici qu’intervient la nécessité des IA souveraines. La souveraineté ne s’arrête pas au hardware (avoir des serveurs locaux) ou au compute (maîtriser la puissance de calcul). Elle doit s’étendre à la souveraineté morale.

Une IA souveraine dotée d’une constitution locale reposerait sur plusieurs piliers :

  • Des poids moraux régionalisés : Une constitution IA européenne, par exemple, pourrait placer la protection de la vie privée, l’État de providence, et le principe de précaution au sommet de sa hiérarchie de valeurs (son Constitutional AI), là où un modèle américain privilégierait la liberté d’expression absolue.
  • L’intégration de la Transition Jumelle : Une véritable constitution locale européenne ne séparerait pas le numérique de l’écologie. Elle pourrait imposer à l’IA des principes de sobriété algorithmique ou d’optimisation pour l’économie circulaire, alignant ainsi la technologie avec les impératifs de la transition nette zéro.
  • La méthode du Living Lab : On ne peut pas confier la rédaction d’une constitution IA à cinq ingénieurs isolés, aussi talentueux soient elles/ils. Une telle constitution doit émerger de l’intelligence collective. L’approche idéale consisterait à utiliser des laboratoires d’innovation ouverte (Living Labs) où citoyens, philosophes, experts métiers et développeurs co-créent les principes directeurs, testent les dilemmes moraux de la machine en conditions réelles, et ajustent le tir.

Passer à des constitutions locales, c’est refuser que notre « code de la route » mental soit dicté de l’extérieur, et réaffirmer que la technologie doit s’adapter à la société, et non l’inverse.

Surfer sur la vague Z

Comment s’adapter aux codes de la génération Z ?

La génération Z, née entre 1997 et 2012, bouleverse les codes et les conventions.

Hyper-connectée, engagée et créative, elle impose ses propres règles du jeu dans tous les domaines, de la communication à la consommation.

Pour les marques, les entreprises et les institutions, s’adapter à cette génération est un enjeu crucial pour rester attractif et pertinent.

La génération Z est une force de changement et d’innovation. En s’adaptant à ses codes et à ses attentes, les entreprises et les organisations peuvent non seulement rester attractives et pertinentes, mais aussi tirer parti de sa créativité et de son dynamisme pour construire un avenir meilleur.

1. Décrypter les codes et les usages :

La première étape consiste à comprendre les codes et les usages propres à la génération Z. Quels sont leurs réseaux sociaux préférés ? Comment consomment-ils l’information ? Quels sont leurs modes d’expression ? En menant une veille active et en s’immergeant dans leurs univers numériques, il est possible de décoder leurs attentes et de mieux les cerner.

2. Privilégier l’authenticité et la transparence :

La génération Z est sensible aux discours authentiques et transparents.

Fini le marketing de façade et les messages lisses, place à la sincérité et à l’engagement. Les marques qui assument leurs valeurs et s’engagent sur des causes concrètes ont plus de chances de gagner la confiance de cette génération.

3. Miser sur l’humour et l’autodérision :

La génération Z a le sens de l’humour et n’hésite pas à se moquer d’elle-même. Les marques qui savent utiliser l’humour et l’autodérision avec intelligence se démarquent et créent une connexion plus forte avec cette génération.

4. Favoriser l’interaction et la co-création :

La génération Z est habituée à interagir et à co-créer. Les marques qui leur donnent la possibilité de participer à leur développement, de donner leur avis et de partager leurs idées sont plus à même de les fidéliser.

5. S’adapter aux nouveaux modes de consommation :

La génération Z privilégie l’expérience à la possession et se tourne vers des modes de consommation plus responsables. Les marques qui proposent des produits et services durables, éthiques et personnalisés ont plus de chances de séduire cette génération.

En résumé, s’adapter à la génération Z ne signifie pas renier ses valeurs ou ses fondamentaux. Il s’agit plutôt d’être à l’écoute, de comprendre ses codes et de trouver des moyens de créer une connexion authentique et durable avec elle. C’est en surfant sur la vague Z que les marques et les organisations pourront construire leur avenir avec succès.

En bonus : quelques exemples d’entreprises qui selon moi, s’adaptent déjà aux codes de la génération Z :

  • Nike s’est associé à des influenceurs populaires pour créer des campagnes marketing engageantes.
  • Netflix propose des contenus personnalisés et interactifs pour répondre aux attentes de chaque utilisateur.
  • Lego encourage la co-création en permettant aux fans de créer et de partager leurs propres modèles dans leur plateforme Lego Ideas.
  • Barbie avec la campagne sur le plafond des rêves.

Et vous, comment votre marque compte séduire la nouvelle génération tout en restant fidèle aux valeurs qui ont séduit les précédentes ?

Enseignez différemment !

Je serai aujourd’hui et demain à Lancy, près de Genève en Suisse, avec des intervenants prestigieux à la conférence SGIS pour animer quatre ateliers en français et en anglais sur le thème: « Enseignez différemment ». Pour obtenir le programme de l’évènement, veuillez cliquer ici et pour la brochure veuillez cliquer ici. J’espère vous y retrouver nombreux pendant les ateliers et vous croiser lors du gala.