Cercle de Médiation : L’Art de Se Connecter

La nouvelle ère du réseautage : au-delà des cartes de visite


Si l’art de la réussite consiste à s’entourer des meilleur.e.s, alors le réseautage ne se limite plus à une simple accumulation de contacts. L’art de se connecter évolue. Aujourd’hui, on ne cherche plus seulement un réseau, mais une communauté. Une tribu. Et au cœur de cette transformation se trouvent les concepts de cercles de médiation, de communautés d’usage, d’intérêt et de valeur.

Ces notions ne sont pas de simples mots à la mode. Elles représentent un changement profond dans la manière dont nous bâtissons nos relations professionnelles et personnelles.

Qu’est-ce qu’un cercle de médiation ?

C’est un espace, physique ou virtuel, où les interactions ne sont pas directes. Elles passent par une tierce personne ou un sujet commun. La plateforme d’innovation ouverte de Syntezia Sàrl en est un excellent exemple avec ses 9 cercles de médiation. C’est l’activité partagée qui crée le lien, qui permet aux participants de se découvrir, de se connecter et de s’entraider naturellement, sans la pression d’un « réseautage » classique où chacun.e se présente avec un pitch.

Ces cercles sont d’une puissance incroyable pour des entrepreneurs ou des créateurs. C’est l’endroit parfait pour des collaborations inattendues, parce que les échanges se font de manière authentique, sans masque. On ne se présente pas comme « directeur de » ou « fondatrice de », mais simplement comme un être humain qui partage une passion.

Au-delà de l’usage : créer du lien et des valeurs

Le réseautage tel qu’on le connaît se concentre souvent sur l’usage. Je me connecte à cette personne parce que j’ai besoin de son expertise, ou parce qu’elle peut m’ouvrir une porte. C’est transactionnel. Utile, certes, mais limité.

Mais la véritable magie opère quand on passe aux communautés d’intérêt et de valeur.

  • Une communauté d’intérêt est construite autour d’un sujet commun. La communauté AgileNetup et ses groupes technologiques en sont une parfaite illustration. C’est un groupe d’individus qui partagent un même intérêt, le désir de s’entraider et d’évoluer ensemble.
  • Et au sommet se trouve la communauté de valeur. Là, ce n’est plus seulement l’intérêt qui nous unit, mais un ensemble de valeurs et de principes fondamentaux. C’est le sens que l’on donne à nos activités professionnelles. Dans un monde qui bouge vite, ces communautés de valeur offrent un ancrage, une raison d’être qui dépasse les succès individuels, comme c’est le cas pour la communauté des sustainable shapers de Hack Your Style qui promeut la mode et le luxe durable.

Êtes-vous prêt.e à passer du réseautage transactionnel à la connexion authentique ?

Encore un hackaton, encore un week-end pour rien ?

Sur un jour, sur 6 semaines ou sur un week-end. Dans un lieu sympa, par vidéoconférence ou dans une friche à réinventer. Le hackaton à toutes les sauces, est devenu un format populaire pour faire émerger toute sorte d’innovation.

  • Que se passe-t-il le jour d’après ?
  • L’équipe était super sympa, mais nous reverrons nous ?
  • Que deviendra cette belle idée que nous avions co-créé ?

Viens ça a l’air sympa !

Si le hackaton a de nombreux avantages, permet souvent de faire de belles rencontres, de brainstormer avec beaucoup de liberté et utilise à merveille toutes les ficelles des motivations des volontaires, certains détracteurs des hackatons posent des vraies questions sur sa réelle utilité, en dehors de son contexte initial technologique (un hackaton avec des développeurs, des designers a été un format qui a fonctionné dans de nombreux contextes, notamment de développement logiciel).

Alors que penser de ce format ? Quelle est la promesse faite aux participants ? Est-elle tenue ? Faut-il le recommender aux entreprises qui souhaitent innover, quelque soit leur secteur ? Est-ce vraiment la solution en or à tous les problèmes ?

En bon praticien de l’innovation ouverte, je me suis dit que la meilleure façon de me faire ma propre idée, c’est de participer ! Un peu comme la fameuse phrase du Baron de Coubertin. 🙂

Pour avoir participé à de nombreux évènements, en tant que simple participant, coach, mentor, jury ou autre expert, lorsque ces évènements se déclarent être des hackatons (The Port, Open Geneva, Sustainable Fashion Hackaton, Made in ESCP, StartUp Week end…), je me pose les questions suivantes :

  • Qu’est ce qui fonctionne vraiment ? Quels sont les pièges à éviter ?
  • Est-ce par définition une expérience éphémère sans lendemain ?
  • Est-ce le début de grands projets ?

Format génial ou arnaque masquée ? Qu’est ce qui fonctionne vraiment ?

Les hackatons laissent généralement de la place à la rencontre, à des jeux pour briser la glace, et des temps de networking dans une super ambiance. Et cela, ce n’est pas rien. Ce moment est toujours apprécié et me semble incontournable. On discute, c’est sympa, on boit un verre, on rencontre de nouvelles personnes, c’est mieux que de rester à la maison devant la télé. Soit. Mais est-ce que tout cela en vaut vraiment la chandelle ? Est-ce un bon usage de mon temps et de mes compétences ? Combien vaut mon samedi ? Combien vaut ton dimanche ?

Une fois qu’on a participé au hackaton pour les pauvres, à celui pour sauver la planète, à l’autre pour le climat, une fois que l’on a passé son dimanche sur un hackaton blockchain ou intelligence artificielle, qu’est-ce que cela a changé dans notre vie ? Qu’y a t-il à y chercher ou à y trouver ?

Quels sont les pièges à éviter pour les organisateurs ?

C’est un peu comme dans les dîners, si on a de a chance, on tombe sur une table sympa, et on passe une super soirée. Pour un hackaton, parfois on ne connait personne ou quasiment personne, et on est donc pas du tout sûr de bien s’entendre. Plusieurs équipes « explosent en vol » rapidement. Des membres d’équipe changent d’équipe ou de projet, voire rentrent chez eux.

Dans certains hackatons, on revendique que la composition des équipes est une science et n’est pas laissé au hasard. On pourra par exemple, s’assurer d’avoir des personnes d’horizon différent, des novices et des habitués, des développeurs/codeurs, et des personnes plus « business ». Dans d’autres hackaton, on se contente de présenter un projet ou un challenge, et sur le simple « pitch », après de brefs échanges, les participants choisissent de rejoindre l’équipe qui les a le plus inspiré.

Est-ce par définition une expérience éphémère ?

Bien qu’à chaque fois, on y rencontre des talents motivés, des personalités inspirantes et des compétences intéressantes, même si à chaque fois, on découvre des envies de projets et des ambitions de création de business, ce n’est tout de même pas facile de transformer l’essai et de faire durer le projet au delà de la durée du hackaton. En général, les personnes rentrent chez elles, elles y ont consacré un week end ou un samedi, et c’est déjà pas mal. Ensuite, nous avons tous d’autres priorités, d’autres chats à fouetter, et le suivi n’est pas évident. Est-ce au dépend des idées et des projets ?

Ton samedi pour un coca, ton dimanche pour une soupe bio !

Finalement, toute cette énergie positive, toute cette motivation intrinsèque de personnes désintéressées, ne sont-elles pas gachées par le mythe d’un hackaton utile, qui ne serait finalement qu’un week-end perdu sans intérêt pour exploiter les bonnes âmes, un peu naïve ? Quel est le véritable retour sur investissement de tout ce temps homme et de tout ce temps femme investi ? On peut se poser la question. Alors, que faut il proposer ? Après les cafés, les bières ou les soupes bio, après la jolie photo de groupe, quel est le plan d’action ? A quoi tout cela mène ?

Est-ce le début d’un grand projet ? Faut-il une suite au hackaton ?

Si on veut se donner plus de chances de succès, si on veut que la belle aventure continue après ce week end mémorable, que faut-il mettre en place ?

  • Un accompagnement plus long, de type « accélérateur » sur plusieurs semaines voire plusieurs mois ?
  • De l’argent pour les équipes performantes pour entretenir la flamme ?
  • Un suivi, avec des coachs, des mentors, des ajouts à l’équipe pour qu’elle dure plus longtemps…

Ne sommes nous finalement pas arrivés au bout d’un modèle qui a certes permis de générer plein d’idées mais qui a aussi trouvé ces limites pour les réaliser dans des projets structurés, financés et réalistes ?

Qu’en pensez vous ?