L’IA : stratégies pour éviter la bulle spéculative

🤖 L’Intelligence Artificielle : Bulle Spéculative ou Vraie Révolution ? Le Risque et les Stratégies pour l’Entreprise

L’intelligence artificielle est sans conteste le moteur de la vague d’innovation actuelle.

Des valorisations boursières stratosphériques d’entreprises comme Nvidia aux levées de fonds records de start-ups spécialisées, le secteur connaît une effervescence qui rappelle, pour beaucoup, l’époque de la bulle Internet des années 2000.

Mais au-delà de l’enthousiasme, une question fondamentale se pose : L’actuelle « bulle » de l’IA va-t-elle éclater, et quel est le risque réel pour les entreprises ?

Le spectre de la bulle : Un risque réel pour les entreprises

La notion de bulle spéculative repose sur une déconnexion entre la valorisation financière et la valeur économique réelle immédiate.

Si les promesses de l’IA sont gigantesques – gains de productivité, transformation des processus, nouveaux produits –, leur concrétisation à grande échelle demande du temps.

C’est le fameux « paradoxe de Solow » appliqué à l’IA : on voit la technologie partout, mais pas encore dans les statistiques de productivité de tous les secteurs.

Le risque principal pour les entreprises, en cas de correction majeure du marché de l’IA, n’est pas uniquement financier, mais aussi opérationnel et stratégique :

  • Dépendance Technologique et Fournisseurs : De nombreuses entreprises s’engagent dans des logiques d’enfermement (lock-in) avec les grands acteurs proposant des modèles généralistes (les géants de la Tech et leurs infrastructures de cloud et leurs modèles propriétaires). Un retournement du marché pourrait fragiliser ces fournisseurs, augmenter drastiquement les coûts ou paralyser des systèmes essentiels basés sur leurs technologies.
  • Investissements Mal Dirigés : Des investissements massifs dans des projets d’IA à l’utilité métier incertaine, basés davantage sur le « FOMO » (Fear of Missing Out) que sur une analyse des fondamentaux, deviendraient des pertes sèches.
  • Perte de Confiance : L’éclatement d’une bulle pourrait provoquer une vague de scepticisme généralisé, ralentissant l’adoption de l’IA, même pour les applications matures et rentables.

Comment s’en prémunir ? Les stratégies anti-bulle

Pour transformer le risque d’éclatement de la bulle en une opportunité de croissance durable, les entreprises doivent adopter une approche plus sélective, basée sur la valeur concrète et la résilience.

1. Privilégier la Valeur Métier à l’Hype Technologique

L’erreur la plus courante est de chercher un problème pour une solution d’IA. Il faut faire l’inverse :

  • Identifier la valeur : Concentrez les efforts d’IA sur des cas d’usage qui améliorent directement les processus de production, de décision ou les mécanismes de coopération avec un retour sur investissement clair.
  • Mesurer les fondamentaux : Plutôt que de se laisser éblouir par les performances algorithmiques brutes, évaluez l’IA par sa capacité à transformer les routines, les compétences et les dispositifs de coordination internes. Les modèles financiers B2B et la numérisation de l’industrie sont souvent des enjeux plus sains et stables que le marché de masse.

2. Adopter une Stratégie « Multi-Modèles » et de Spécialisation

La dépendance à un unique grand modèle généraliste (LLM ou autre) est un facteur de risque.

  • Décloisonner et Spécialiser : Investir dans des modèles spécialisés (dans la santé, la finance, l’industrie, etc.) développés par des acteurs sectoriels plus agiles. Ces modèles, souvent plus petits et contextuels, sont moins gourmands en calcul pour l’inférence et offrent une meilleure adéquation avec la chaîne de valeur spécifique.
  • Diversifier les Fournisseurs : Ne pas se laisser enfermer. Maintenir une veille et une architecture qui permette de basculer, si nécessaire, d’une solution de cloud ou d’un modèle d’IA à un autre.

3. Renforcer l’Infrastructure de Données et les Compétences Internes

La vraie valeur de l’IA réside dans les données de l’entreprise et les compétences de ses équipes.

  • Sécuriser les Données : L’IA est un pipeline gourmand en données. La gouvernance, la qualité et la sécurisation des données internes sont le socle stratégique le plus important.
  • Développer l’Humain : Les gains de productivité ne seront effectifs que si l’entreprise investit dans la montée en compétences de ses collaborateurs (upskilling et reskilling), pour qu’ils sachent interagir efficacement avec les systèmes d’IA. C’est l’intelligence augmentée qui est le véritable facteur de différenciation.

L’IA n’est pas une fin, mais un moyen

Que la bulle financière de l’IA éclate ou se dégonfle progressivement, l’impact de la technologie sur l’économie est irréversible. L’électricité et Internet ont survécu à leurs bulles respectives pour transformer le monde.

Le risque ne se situe pas dans l’IA elle-même, mais dans la manière dont les entreprises y investissent. Pour naviguer en toute sécurité, il est impératif de se concentrer sur l’infrastructure solide, la valeur métier prouvée et la stratégie de diversification. En agissant ainsi, les entreprises se positionnent pour capter les bénéfices durables de cette vague technologique, quel que soit le climat boursier.

Ne pas se contenter de faire de l’IA, mais utiliser l’IA pour améliorer ce que vous faites de mieux.

1. Privilégier la Valeur Métier à l’Hype Technologique : L’Impératif du ROI Réel

Dans un environnement où l’engouement médiatique et spéculatif peut être assourdissant, l’entreprise doit revenir aux fondamentaux : l’IA n’est qu’un outil au service d’un objectif métier, et non une fin en soi. L’éclatement d’une bulle sanctionne avant tout les entreprises qui ont investi des capitaux importants dans des technologies non rentables ou des projets sans ancrage stratégique solide.

Pourquoi l’Hype est Dangereuse

Investir sur la base de la simple « nouveauté » conduit au risque d’investissements mal dirigés. Une entreprise qui déploie un grand modèle de langage (LLM) sophistiqué pour des tâches qui pourraient être gérées par des systèmes plus simples et moins coûteux s’expose à :

  1. Des coûts Opérationnels Élevés : Les modèles généralistes de pointe exigent une puissance de calcul colossale (inférence), ce qui se traduit par des factures de cloud très lourdes, souvent disproportionnées par rapport au gain de productivité marginal.
  2. Un « Paradoxe de Solow » Interne : L’investissement en IA ne se traduit pas dans les indicateurs de performance clés (KPIs) de l’entreprise, car il n’a pas été intégré aux routines, aux compétences et aux processus de travail existants.

La Méthode de la Valeur (Business-Driven AI)

Pour contrer cette tendance, l’entreprise doit structurer sa démarche d’IA autour de l’identification et de la mesure de la valeur :

a. Cartographier les Cas d’Usage de l’Entreprise

Il ne s’agit pas de lister ce que l’IA peut faire, mais ce que l’entreprise a besoin de faire mieux. La priorité doit être donnée aux usages qui agissent sur les leviers économiques fondamentaux :

  • Processus de Production (Efficacité) : Automatisation des tâches répétitives, maintenance prédictive, optimisation de la chaîne logistique. Ces gains sont mesurables en réduction de coûts et en augmentation du débit.
  • Processus de Décision (Qualité) : Aide à la décision pour les commerciaux, la finance ou la R&D. Ces gains se mesurent en augmentation des marges, meilleure allocation des ressources ou réduction des risques.
  • Mécanismes de Coopération (Collaboration) : Outils d’aide à la synthèse, d’assistance aux employés, de gestion des connaissances. Ces gains se mesurent en temps gagné par les équipes et en amélioration de l’expérience client/employé.

b. Mesurer le Retour sur Investissement (ROI) de Manière Stricte

Chaque projet d’IA doit être traité comme un investissement avec une attente de retour sur investissement clairement définie et à court ou moyen terme.

  • Éviter la Surévaluation : Refusez d’attribuer une valeur démesurée à un projet d’IA simplement parce qu’il utilise la dernière technologie. La mesure doit se faire en dollars économisés, en temps gagné ou en augmentation du chiffre d’affaires.
  • Privilégier le « Mieux » au « Plus » : Parfois, un modèle d’IA simple, spécialisé sur une tâche précise (comme la classification de documents) apporte plus de valeur et coûte moins cher qu’un modèle généraliste nécessitant des infrastructures coûteuses. Les modèles financiers B2B et l’IA intégrée à l’industrie sont, à ce titre, des paris plus sains.

c. Adopter le Principe de la Modularité

Face à la fascination pour les modèles généralistes qui induisent une forte dépendance (l’un des risques de la bulle), il est essentiel d’opter pour une approche qui favorise l’indépendance et la spécialisation :

  • Modèles Spécialisés et Contextuels : Investir dans des solutions d’IA développées pour un secteur ou une fonction spécifique. Ces modèles, souvent plus petits et entraînés sur des données de niche, sont plus précis, moins coûteux à exploiter et limitent la dépendance aux géants du secteur.
  • Architecture Modulaire : S’assurer que les briques technologiques de l’IA (données, algorithmes, interfaces) sont conçues pour être interchangeables. Si le coût d’un fournisseur de modèles explose, l’entreprise doit pouvoir basculer sur une solution concurrente sans réécrire l’intégralité de son système d’information.

L’entreprise résiliente n’est pas celle qui a le plus d’IA, mais celle qui utilise l’IA là où elle compte vraiment, avec une trajectoire de rentabilité limpide et une architecture souple. C’est la meilleure assurance contre l’instabilité du marché spéculatif.

2. 🛡️ Adopter une Stratégie « Multi-Modèles » et de Spécialisation : Construire la Résilience

La stratégie du « Multi-Modèles » est une approche de gestion des risques qui s’oppose à l’enfermement technologique (vendor lock-in). Dans le contexte de l’IA, cela signifie éviter de baser l’intégralité de ses processus critiques sur les API ou l’infrastructure d’un seul fournisseur de modèles généralistes (comme OpenAI, Google, ou Anthropic).

Le Piège de la Dépendance aux Modèles Généraux

Le risque d’une bulle n’est pas seulement que le marché s’effondre, mais que les acteurs dominants augmentent drastiquement leurs prix (prix des tokens, coûts d’inférence, frais de cloud) ou changent soudainement les conditions d’accès à leurs modèles, car ils détiennent un quasi-monopole sur la technologie la plus demandée.

  • Coût de l’Inférénce : L’utilisation répétée et à grande échelle de grands modèles propriétaires est très coûteuse. Ces coûts deviennent insoutenables si les gains de productivité ne suivent pas.
  • Risque de Lock-In : Si votre flux de travail est profondément intégré à un écosystème unique, le coût et le temps nécessaires pour migrer vers un concurrent deviennent prohibitifs.

La Solution : Diversification et Spécialisation

Pour garantir la pérennité et la maîtrise des coûts, les entreprises doivent diversifier leurs outils d’IA et favoriser l’utilisation de modèles adaptés à des tâches spécifiques.

a. Diversifier les Fournisseurs et les Modèles

L’objectif est de créer une architecture technologique où les composants IA peuvent être interchangés facilement.

  • Approche « Best of Breed » : Utiliser différents modèles pour différentes tâches. Un grand LLM généraliste pourrait être utilisé pour la création de contenu stratégique de haut niveau, tandis qu’un modèle Open Source plus petit et ajusté (fine-tuned) sera utilisé pour la classification des e-mails ou la traduction interne.
  • Architecture Modulaire : S’assurer que les données et les interfaces sont standardisées. Les requêtes adressées aux modèles (prompts) doivent être gérées par une couche d’abstraction (comme un framework RAG ou une plateforme d’orchestration) qui permet de basculer la source du modèle (par exemple, passer de GPT-4 à Claude 3 ou à un modèle Open Source hébergé en interne) sans perturber l’application métier.
  • Stratégie Multi-Cloud : Ne pas se contenter d’une seule infrastructure de cloud pour l’hébergement de l’IA et des données, afin de pouvoir négocier les coûts d’accès au calcul.

b. Le Choix des Modèles Spécialisés (Small Language Models – SLMs)

L’engouement pour les LLMs fait souvent oublier l’immense valeur des modèles plus petits et spécialisés.

  • Précision et Pertinence : Un SLM (Small Language Model) entraîné sur les données spécifiques à l’entreprise (documentation interne, réglementation sectorielle, historique client) sera souvent plus précis pour les tâches internes et moins susceptible de générer des hallucinations qu’un LLM généraliste.
  • Maîtrise des Coûts : Les SLMs sont beaucoup moins gourmands en ressources de calcul pour l’inférence. Ils peuvent être hébergés sur l’infrastructure interne (on-premise) ou sur des serveurs privés virtuels (VPS) dédiés, réduisant drastiquement les coûts récurrents facturés par les géants du cloud.
  • Souveraineté des Données : L’utilisation de modèles Open Source ou auto-hébergés pour les tâches sensibles garantit que les données critiques ne quittent pas le périmètre de sécurité de l’entreprise, répondant ainsi aux impératifs de conformité et de confidentialité.

En résumé, la stratégie « Multi-Modèles » et de spécialisation transforme l’entreprise d’un simple consommateur passif de services IA en un orchestrateur intelligent de technologies. Elle garantit l’agilité face à l’évolution des prix et des performances, et assure que l’investissement en IA repose sur des fondations économiques stables, et non sur le seul potentiel spéculatif des technologies les plus médiatisées.

3. 🧠 Renforcer l’Infrastructure de Données et les Compétences Internes : Le Socle Anti-Fragilité

Si la bulle de l’IA éclate, la valeur intrinsèque de la technologie diminuera, mais la valeur stratégique des données de l’entreprise et la capacité de ses équipes à utiliser l’IA perdureront. Ces deux éléments constituent le véritable socle de l’avantage concurrentiel durable.

L’Actif Maître : La Qualité des Données

L’IA, quelle que soit sa sophistication, n’est qu’un moteur ; les données de l’entreprise en sont le carburant. Un moteur puissant alimenté par un carburant de mauvaise qualité ne produira qu’une performance médiocre.

a. Mettre en Place une Gouvernance de Données Rigoureuse

Investir dans l’IA sans une bonne gouvernance des données est la garantie de projets coûteux et inefficaces. Pour se prémunir du risque d’éclatement de la bulle, l’entreprise doit :

  • Sécuriser le Pipeline : S’assurer que les données (structurées et non structurées) sont correctement collectées, nettoyées, et étiquetées. La qualité des données prime sur la quantité. Des systèmes d’IA performants nécessitent des données fiables et à jour pour éviter le phénomène de la « dérive de modèle » (model drift).
  • Centraliser et Rendre Accessible : Déployer des solutions modernes (Data Mesh, Data Fabric, Cloud Data Warehouse) qui rendent les données facilement accessibles aux modèles d’IA, tout en respectant strictement les exigences réglementaires (RGPD, etc.).
  • La Véritable Valeur du RAG : Les systèmes RAG (Retrieval-Augmented Generation) sont une tendance majeure. Leur succès ne dépend pas de la puissance du LLM, mais de la pertinence et de la structuration de la base de connaissances interne (les documents, les historiques, les procédures) que le modèle interroge. Investir dans la documentation interne est un investissement anti-crise.

b. L’Indépendance par les Compétences

La dépendance aux outils externes s’accompagne souvent d’une dépendance aux experts externes. L’entreprise doit internaliser le savoir-faire pour garantir son autonomie stratégique.

  • L’Internalisation des Compétences : Développer une équipe interne capable de comprendre, d’ajuster (fine-tune) et de déployer des modèles, y compris des modèles Open Source. Cela permet de réduire les coûts de consultation et de prestation de services externes, un poste de dépense qui s’envole en période de bulle.
  • Former et Acculturer l’Utilisateur Final : Le gain de productivité maximal de l’IA n’est pas atteint par la seule automatisation, mais par l’amélioration de la performance humaine (l’intelligence augmentée). Il est essentiel de former tous les employés (pas seulement les data scientists) à l’utilisation efficace des outils d’IA (ex: techniques de prompt engineering, compréhension des limites de l’IA).

Le Résultat : Créer une Capacité Permanente

En investissant dans la qualité de ses données et le niveau de compétence de ses équipes, l’entreprise crée une capacité permanente à innover et à s’adapter, indépendamment des cycles de marché.

  • Maîtrise des Coûts : L’Internalisation réduit la facture des fournisseurs de services et logiciels d’IA.
  • Agilité : L’entreprise peut réagir rapidement aux changements technologiques (par exemple, adopter le prochain grand modèle Open Source) sans dépendre d’un intégrateur coûteux.
  • Avantage Durable : Les données propriétaires et les compétences humaines sont des actifs que les concurrents ne peuvent pas simplement acheter ou copier. Ils sont le véritable rempart contre la volatilité des technologies de l’IA.

La maîtrise des données et la montée en compétence des équipes sont les piliers qui permettent à l’entreprise de transformer l’IA d’un investissement spéculatif en un moteur de croissance organique et résilient.

4. ⚖️ Gérer le Risque Éthique et Réglementaire : Protéger la Réputation et Anticiper les Coûts Cachés

L’effervescence autour de l’IA a tendance à faire passer l’urgence réglementaire au second plan. Pourtant, la gestion proactive des risques éthiques, de conformité et légaux est essentielle pour la stabilité financière et la réputation de l’entreprise. En cas de correction du marché, les entreprises qui n’auront pas anticipé ces risques seront doublement pénalisées par des amendes et des poursuites coûteuses.

Le Coût Caché de l’Inconscience

L’éclatement d’une bulle est souvent précédé ou accompagné d’un renforcement de la surveillance réglementaire. Les législateurs réagissent aux abus perçus ou aux échecs retentissants.

Le risque, c’est l’apparition de coûts imprévus massifs liés à :

  • Les Amendes de Non-Conformité : Avec l’entrée en vigueur de lois structurantes comme l’AI Act en Europe, l’utilisation de systèmes d’IA dits « à haut risque » (santé, recrutement, crédit) sans la documentation, les tests d’évaluation de l’impact (PIA), et la transparence nécessaires expose l’entreprise à des sanctions financières lourdes.
  • Les Litiges liés à la Propriété Intellectuelle (PI) : L’utilisation de grands modèles entraînés sur des données non vérifiées expose l’entreprise au risque de violation de droits d’auteur dans les contenus générés, conduisant à des litiges coûteux et à des dommages d’image.
  • La Dérive Éthique et le Biais : Des décisions automatisées biaisées ou discriminatoires (dans le recrutement, l’octroi de prêts, etc.) génèrent des réclamations, des actions en justice, et une crise de confiance irréparable auprès des clients et des régulateurs.

Les Leviers de la Prévention Réglementaire

Pour transformer ce risque en une fondation stable, l’entreprise doit intégrer la conformité et l’éthique dès la conception de ses projets d’IA (Privacy and Ethics by Design).

a. Mise en Place d’une Gouvernance « IA Responsable »

La première étape est de structurer la responsabilité :

  • Audit et Classification des Systèmes : Identifier quels systèmes d’IA sont considérés comme « à haut risque » selon les futures réglementations et les soumettre à des audits réguliers.
  • Documentation et Transparence : Assurer la traçabilité complète des données utilisées pour l’entraînement et de la logique des décisions produites par l’IA. Cette transparence est la meilleure défense en cas de litige.
  • Comité Éthique : Créer un organe de surveillance interne, multidisciplinaire (juristes, éthiciens, développeurs), pour évaluer et valider l’impact sociétal et légal des nouveaux déploiements d’IA avant leur mise en production.

b. Contrôler les Sources et les Modèles

Pour minimiser le risque de litige lié à la propriété intellectuelle :

  • Validation des Données d’Entraînement : Si l’entreprise développe ou ajuste ses propres modèles, elle doit s’assurer que les jeux de données utilisés sont légalement acquis ou sous licence appropriée.
  • Utilisation des Modèles Open Source avec Vigilance : Bien que les modèles ouverts soient puissants pour réduire le lock-in (Stratégie n°2), leurs licences peuvent être complexes. Une analyse juridique est indispensable avant de les intégrer à des produits commerciaux.

c. Tests Rigoureux d’Équité et de robustesse

La solidité technique et la neutralité des systèmes sont des garanties de stabilité.

  • Évaluation des biais : Mettre en place des tests réguliers pour détecter et corriger les biais discriminatoires dans les modèles, garantissant ainsi l’équité des résultats.
  • Résilience aux attaques : S’assurer que les systèmes d’IA sont robustes face aux attaques adverses (tentatives de manipulation des modèles), protégeant ainsi l’intégrité des processus métiers critiques.

En conclusion, la gestion du risque éthique et réglementaire n’est pas un frein à l’innovation, mais un investissement indispensable dans la confiance et la pérennité de l’entreprise. C’est en faisant preuve de prudence et de responsabilité aujourd’hui que l’on évite les coûts et les crises qui pourraient survenir si le marché de l’IA venait à se contracter brutalement.

Et vous, quelle stratégie anti-bulle avez vous choisi ?

Prototypage : L’Art de l’Innovation Rapide

Quand le ruban adhésif sauvage rencontre la révolution

Imaginez : vous avez l’Idée du Siècle. Une invention si géniale qu’elle va vous faire gagner un Prix Nobel… ou au moins vous faire passer sur CNews. Vous êtes prêt à engager des ingénieurs, à louer une usine, à commander des tonnes de matériaux brillants.

STOP ! Respirez. Avant de dépenser votre fonds de retraite pour un gadget qui pourrait bien finir comme presse-papier, parlons du prototypage.


Le Prototype : Votre idée en mode brouillon

Le prototype, c’est l’étape où votre idée quitte la chaleur douillette de votre cerveau pour affronter la dure réalité. C’est votre premier essai, votre brouillon en 3D, souvent assemblé avec des bouts de carton, du papier toilette et une bonne dose d’espoir.

Pensez à votre premier vélo : plein de roues d’entraînement, de bosses et de genoux écorchés. Le prototype est pareil, mais pour l’innovation. Il n’a pas besoin d’être beau, il doit juste exister assez longtemps pour que vous puissiez lui hurler dessus (gentiment) et apprendre de ses (nombreux) défauts.


Pourquoi Prototyper est Crucial (et Hilarant)

1. Tuer les idées stupides rapidement (et à faible coût)

Le prototypage, c’est la version « coupe-gorge » de l’innovation.

Il vous permet de découvrir que votre « génial » gant de cuisine-chaussette est en fait une catastrophe ergonomique avant d’en avoir produit 10 000. Mieux vaut gaspiller un rouleau de papier aluminium qu’un million de dollars, n’est-ce pas ? Chaque prototype raté est une victoire masquée.

C’est l’univers qui vous dit : « Non, pas ça. Essaie encore, mon chou. »

2. Parler avec les mains (et éviter les réunions sans fin)

Combien de fois avez-vous assisté à une réunion où tout le monde parlait d’une « interface utilisateur élégante et intuitive » sans jamais se mettre d’accord sur ce que ça signifiait réellement ?

Un prototype met tout le monde d’accord. Même le plus simple des croquis ou un modèle en Lego force la discussion à devenir concrète. Au lieu de parler du « bouton magique », vous le montrez. Et si l’utilisateur essaie de cliquer sur le côté au lieu du centre, c’est une information en or ! Le prototype est le traducteur universel du jargon d’innovation.

3. Célébrer l’échec (avec une petite fête)

L’échec n’est pas une option. C’est la seule option.

Le but du prototypage n’est pas de réussir du premier coup, mais d’échouer le plus rapidement possible. Considérez votre prototype comme un enfant têtu. Vous le testez, il tombe, il se brise, il vous dit que votre idée est « complètement nulle ». Et c’est fantastique ! Vous venez d’apprendre quelque chose.

Alors, la prochaine fois que votre prototype prend feu, se désintègre ou ne fait absolument rien de ce qu’il est censé faire, ne pleurez pas.

Prenez-le en photo, appelez-le « V1.0 – L’Apprentissage » et organisez un petit goûter pour fêter l’échec. Vous êtes sur le point d’innover !


En Conclusion : prototyper est un Art

Le prototypage est un art subtil. Il exige un équilibre parfait entre l’enthousiasme d’un enfant jouant avec de la pâte à modeler et la froide logique d’un scientifique.

Alors, abandonnez la quête de la Perfection Initiale. Prenez ce carton, ce marqueur, cette ficelle et cette punaise. Votre première version sera moche, bizarre et peut-être même dangereuse, mais elle sera réelle.

Et c’est dans ce désordre imparfait que naît la véritable innovation.

Alors, quel bout de scotch allez-vous utiliser pour changer le monde aujourd’hui ?

Pour aller plus passer de l’idée au succès :

Dans la même collection Living Labs et méthodes d’innovation : https://www.amazon.fr/dp/B0FK2X51G4

Du même auteur : https://www.amazon.fr/stores/Yves-Zieba/author/B0FJWXC2XF

Atelier de Design Thinking en Entreprise

Nous organisons le samedi 7 Avril 2018; un atelier de design thinking en entreprise; à Renens, près de Lausanne.

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Nous vous proposons de vous former au design thinking sur une journée et de vous donner la possibilité d’appliquer les principes à votre idée réelle.

A la fin de cette journée, avec le minimum de théorie et un maximum de pratique; vous aurez acquis les fondements et les principes du design thinking, vous aurez pu échanger avec d’autres professionnels et vous saurez comment appliquer le design thinking concrêtement à vos idées.

Il nous reste 5 places pour compléter notre atelier. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 5 Avril à minuit pour faciliter l’organisation.

Voici le lien pour vous inscrire.

Prévoir une bonne dose de bonne humeur et de bienveillance. On vous espère nombreux.

Pour toute question, contactez-moi. (yveszieba@gmail.com)