Comment se démarquer face à un candidat plus expérimenté


Comment obtenir un emploi lorsque l’autre candidat·e finaliste est plus expérimenté·e ?

Tu es en short list, mais tu apprends (ou tu sens) que l’autre finaliste a plus d’années d’expérience, un CV plus impressionnant, peut-être même un titre plus prestigieux.

De quoi se décourager… et pourtant, ce n’est absolument pas perdu.

Dans de nombreux recrutements, la décision finale se joue sur autre chose que le nombre d’années au compteur : la motivation, la capacité d’apprentissage, l’adéquation culturelle, l’énergie, la clarté du projet.

Dans cet article, je te propose une approche concrète pour maximiser tes chances de décrocher le poste, même face à quelqu’un de plus expérimenté.


1. Comprendre ce que regarde vraiment un recruteur

Beaucoup de candidats pensent que « le plus expérimenté gagne toujours ». En réalité, les recruteurs cherchent surtout un pari gagnant pour l’équipe et l’entreprise, pas le CV le plus long.

Parmi les éléments qui comptent fortement :

  • L’adéquation avec le besoin réel du poste (mission, niveau d’autonomie, contexte).
  • La compatibilité avec la culture d’entreprise.
  • La motivation claire et crédible.
  • Le potentiel d’évolution et la capacité à apprendre vite.
  • La stabilité probable sur le poste (ne pas partir au bout de 6 mois).

Il arrive même que des entreprises préfèrent un profil un peu moins expérimenté, mais motivé, adaptable et aligné avec leurs valeurs, plutôt qu’une personne très senior mais blasée ou en surdimension par rapport au poste.

Message clé : tu ne peux pas « rattraper » des années d’expérience, mais tu peux gagner sur d’autres dimensions qui pèsent lourd dans la décision.


2. Repositionner ton manque d’expérience comme un avantage

Face à un·e candidat·e plus expérimenté·e, le piège est de te placer en position « défensive ». Au contraire, l’enjeu est de transformer ta relative « jeunesse » sur le poste en avantage.

Tu peux, par exemple, mettre en avant :

  • Ta capacité à apprendre vite (avec exemples concrets : montée en compétence sur un outil, une nouvelle mission, un changement de secteur).
  • Ta motivation à te stabiliser et à t’investir dans la durée sur ce poste.
  • Ta flexibilité : moins de routines ancrées, plus d’ouverture aux méthodes de l’entreprise.
  • Ta disponibilité mentale pour progresser, te former, être coaché·e.

De nombreux recruteurs apprécient les profils qui ont encore une marge de progression et une vraie envie d’apprendre, plutôt que des profils très expérimentés mais difficiles à faire évoluer.


3. Préparer une histoire professionnelle qui « colle » parfaitement au poste

La différence se joue rarement sur le CV brut, mais sur la capacité à raconter une histoire cohérente entre ton parcours et le poste cible.

3.1. Adapter ton CV et ton pitch

Même si tu as moins d’années d’expérience, tu peux :

  • Recentrer ton CV sur les expériences et résultats les plus proches du poste visé.
  • Mettre en avant tes compétences transférables (gestion de projet, relation client, analyse de données, coordination).
  • Chiffrer au maximum tes réalisations (temps gagné, chiffre d’affaires généré, nombre de dossiers gérés).

Ton pitch (en début d’entretien) doit répondre clairement à la question implicite : « Pourquoi toi, pour ce poste, maintenant ? »

Un exemple de structure de pitch :

  1. Qui tu es aujourd’hui (profil, fonction, secteur).
  2. Le fil conducteur de ton parcours (compétences clés, type de problématiques).
  3. Pourquoi ce poste est la suite logique (ou le choix réfléchi) de ce parcours.
  4. Ce que tu peux apporter rapidement à l’équipe.

3.2. Raconter un projet, pas une accumulation d’emplois

Plus ton récit donne l’impression d’un projet professionnel clair, plus tu compensent ton manque d’années par de la maturité et de la cohérence.


4. Jouer à fond tes atouts en entretien

En entretien final, tu ne peux plus « acheter » de l’expérience. Tu peux en revanche exceller sur tout ce qui relève de ton attitude, de ta préparation et de ta connexion avec le ou la recruteuse.

4.1. Arriver mieux préparé·e que l’autre

Tu ne sauras jamais à quel point l’autre finaliste est préparé·e, mais tu peux décider d’être la personne la plus préparée du process.

Concrètement :

  • Analyse la fiche de poste et traduis-la en 5–7 enjeux clés (ce que la personne recrutée devra absolument réussir).
  • Prépare 2–3 exemples concrets de situations vécues pour chaque enjeu (méthode STAR : Situation, Tâche, Action, Résultat).
  • Renseigne-toi sur l’entreprise : produits, marché, actualités, enjeux du secteur.
  • Prépare des questions pertinentes sur la mission, l’équipe, les priorités des 3–6 premiers mois.

Les recruteurs valorisent énormément les candidats qui montrent qu’ils ont fait l’effort de comprendre l’entreprise et le poste dans le détail.

4.2. Mettre la lumière sur ton savoir-être

Quand les compétences sont « suffisantes » des deux côtés, la différence se fait souvent sur le comportement : énergie, écoute, curiosité, humilité, fiabilité.

Pendant l’entretien, montre par ton attitude que tu es :

  • Curieux·se : tu poses des questions précises, tu reformules.
  • Orienté·e solution : tu parles de ce que tu ferais concrètement dans le poste.
  • Fiable : tu donnes des exemples de constance, de respect des délais, de gestion de difficultés.

L’objectif est que la personne en face se dise : « Je me vois bien travailler avec elle/lui au quotidien. »


5. Rassurer sur les deux peurs majeures du recruteur

Face à un candidat moins expérimenté, le recruteur peut avoir deux grandes peurs : que tu sois trop « léger·e » pour le poste, ou au contraire que tu partes trop vite une fois formé·e.

5.1. « Sera-t-il/elle assez autonome ? »

Tu peux rassurer en :

  • Montrant des exemples où tu as appris rapidement un nouveau périmètre.
  • Expliquant comment tu t’organises pour monter en compétences efficacement (auto-formation, recherche de feedback, prise d’initiative).
  • Posant des questions sur les ressources disponibles (formation, binômage, documentation), ce qui montre que tu anticipes déjà ta prise de poste.

5.2. « Va-t-il/elle rester suffisamment longtemps ? »

Si tu projettes ce poste comme un tremplin ultra court-terme, cela peut inquiéter. À l’inverse, expliquer en quoi ce rôle s’inscrit dans un projet à 2–3 ans rassure fortement.

Tu peux par exemple préciser :

  • Ce que tu souhaites construire et approfondir dans ce poste.
  • Comment tu te vois évoluer dans l’entreprise (sans parler immédiatement de promotion, mais d’élargissement de responsabilités).
  • Ce qui te motive spécifiquement dans leur contexte (secteur, produit, mission, taille d’équipe…).

6. Utiliser ton personal branding comme « bonus » décisif

Si vous êtes deux finalistes sérieux, tout ce qui renforce ta crédibilité en dehors du CV peut faire la différence : présence sur LinkedIn, side projects, contenus publiés, implication associative, conférences, etc.

Quelques pistes :

  • Avoir un profil LinkedIn à jour, cohérent avec ton discours, avec quelques recommandations si possible.
  • Partager des contenus en lien avec ton métier (veille, analyses, retours d’expérience).
  • Mettre en avant des projets concrets (portfolio, site, GitHub, newsletter, événements auxquels tu as contribué…).

L’idée n’est pas de « survivre » à la comparaison, mais de montrer que tu es déjà engagé·e dans ton métier, même au-delà du cadre strict de ton poste actuel.


7. Que dire si on t’annonce explicitement que l’autre est plus expérimenté·e ?

Il arrive que le recruteur te glisse (volontairement ou non) que l’autre candidat·e a « un peu plus d’expérience ». Plutôt que de te crisper, tu peux utiliser ce moment pour repositionner ton profil.

Par exemple :

« C’est justement ce que j’aime dans ce contexte : vous avez déjà des profils très expérimentés, et je peux apporter une combinaison de [tes forces clés : énergie, capacité d’exécution, maîtrise d’un outil, connaissance d’un type de client…]. Mon objectif serait de monter rapidement en puissance sur [compétence X] pour contribuer sur [enjeu Y] dans les premiers mois. »

Tu reconnais implicitement la réalité, mais tu ramènes la conversation vers ce que tu peux apporter concrètement à l’équipe, maintenant et à court terme.


8. Après l’entretien : un dernier levier puissant

Beaucoup de candidats s’arrêtent à la porte de l’entretien. Toi, tu peux utiliser une étape de plus pour marquer des points.

  • Envoie un message de remerciement personnalisé (mail ou LinkedIn).
  • Rappelle brièvement ce que tu as compris des enjeux du poste.
  • Souligne en une phrase ce que tu peux apporter.
  • Ajoute éventuellement une ressource ou une idée en lien avec la discussion (un article, une mini-analyse, une piste évoquée).

Ce type de suivi montre ton professionnalisme, ton niveau d’engagement et ta capacité à aller « un cran plus loin » que les autres candidats.


9. En résumé : ce que tu contrôles vraiment

Tu ne contrôles pas le parcours de l’autre finaliste, ni les contraintes internes de l’entreprise. Mais tu contrôles :

  • La qualité de ton histoire professionnelle et de ton pitch.
  • La préparation de tes exemples et de tes questions.
  • La clarté de ta motivation et de ton projet.
  • Ton attitude et ton niveau de présence en entretien.
  • Ton suivi après l’entretien.

Si tu joues pleinement sur ces leviers, tu peux tout à fait être choisi·e face à un·e candidat·e plus expérimenté·e – et, au passage, gagner en confiance pour toutes tes démarches futures.

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